L’Université du Québec et le libre accès

[Note : Le présent texte est le fruit d'une collaboration entre Marie Stewart (ETS), Valérie Levasseur (UQAC) et Jean-Daniel Bourgault (INRS)]

La 6e semaine du libre accès se tient cette année du 21 au 27 octobre. Parmi les acteurs impliqués, on retrouve les bibliothèques du réseau de l’Université du Québec.

L’idée qui sous-tend le mouvement du libre accès est de rendre accessibles gratuitement sur Internet les résultats publiés de la recherche scientifique, en permettant aux utilisateurs, quels qu’ils soient, de lire, télécharger et distribuer les publications, en indiquant bien entendu toujours la source.

L’objectif et l’avantage du mouvement pour les auteurs, c’est-à-dire les chercheurs qui publient, vise à maximiser l’impact potentiel de leur publication puisqu’elle est directement accessible à un plus grand nombre d’utilisateurs. Par ailleurs, l’avantage pour les utilisateurs réside dans l’accès à un éventail plus large de recherches comparativement à ce qu’ils peuvent se payer par abonnement. Et finalement, pour les gestionnaires, le libre accès à la recherche scientifique permet de mettre un frein à l’illogisme voulant que les résultats de la recherche scientifique habituellement financée par les fonds publics soient donnés à l’entreprise privée (les éditeurs commerciaux) et rachetés à fort prix via les coûts d’abonnement, toujours à même les fonds publics. Dans ce modèle commercial, les résultats de la recherche sont donc payés deux fois, alors même qu’une grande partie du travail éditorial est en fait réalisé par des chercheurs dont les salaires proviennent très souvent, encore une fois, des fonds publics. Le mouvement pour le libre accès sert donc à mettre en lumière cette absurdité et à proposer un autre modèle de partage de la recherche.

Le mouvement a désormais pris une telle ampleur que selon une étude récente, la proportion d’articles publiés en Europe, au Brésil, au Canada, au Japon, et aux États-Unis entre 2004 et 2011 dans des revues avec comité de lecture (peer review) et maintenant disponibles en accès libre sur Internet était de 40%. Dans certaines disciplines, la proportion était au-delà de 50%.[1]

Il existe deux approches au libre accès des publications scientifiques: la voie dorée et la voie verte. La voie verte consiste à favoriser l’autoarchivage de copies d’articles et autres publications (présentation dans le cadre de conférences, rapports, etc.) dans des dépôts institutionnels, voire personnels. La plupart des éditeurs, même commerciaux (Elsevier, Springer, etc.), acceptent que les versions en prépublication et/ou en postpublication des articles acceptés par leurs revues soient ainsi déposées et offertes en libre accès. Cette approche suscite de plus l’intérêt de la part d’un nombre appréciable d’universités, car elle ajoute à la mise en valeur de l’expertise des chercheurs et à la richesse du contenu offert sur les sites Web de l’institution.

La deuxième approche cherche plutôt à transformer des revues scientifiques existantes en revues en libre accès, par le biais de l’ouverture des archives sinon du contenu récent, ou à créer carrément de nouvelles revues, comme PLoS. C’est l’approche dite dorée. Certaines revues commerciales sont désormais hybrides et offrent le libre accès sous certaines conditions, à savoir le déboursé d’une compensation par l’auteur, une somme parfois assez juteuse. Par contre, certains éditeurs sont très réticents à ce changement pour des raisons de stratégie commerciale. D’un autre côté, la création de nouvelles revues est freinée, entre autres, par l’inquiétude des auteurs à publier dans une revue peu (ou pas encore) connue, ce qui donne l’impression de diminuer la valeur de leurs travaux. À ceci vient se greffer le phénomène émergent des éditeurs prédateurs qui cherchent à capitaliser sur la naïveté ou l’ambition de certains auteurs; éditeurs dont les activités relèvent trop souvent de la fraude intellectuelle, ou du moins d’une éthique très douteuse.[2]

Un des avantages de la première approche (voie verte) est que la valeur des revues (facteur d’impact, visibilité, etc.), un élément majeur pour les auteurs dans le cadre de leur avancement de carrière, n’est pas ici en jeu et qu’il n’y a pas de coûts supplémentaires. Cette approche constitue donc pour les auteurs, un excellent moyen, complémentaire à ceux plus traditionnels, pour augmenter la visibilité de leurs résultats de recherche.

C’est dans cette foulée que les bibliothèques de l’Université du Québec ont déployé des outils pour soutenir et encourager le libre accès en appuyant les professeurs dans la diffusion des résultats de leurs recherches. Toutes les constituantes du réseau UQ ont travaillé à mettre en place leur propre dépôt institutionnel dont le développement, comme beaucoup de projets des bibliothèques, est le fruit d’une collaboration importante entre constituantes.

Plusieurs de ces dépôts sont encore dans leur première phase et ne contiennent pour le moment que des thèses et mémoires, mais le mouvement est lancé.

Dépôts institutionnels du Réseau UQ

Archipel – UQAM

Dépôt-e – UQTR

Constellation – UQAC

Sémaphore – UQAR

Dépôt institutionnel – UQO

Depositum – UQAT

Espace  – INRS

Espace ÉTS – ETS

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  1. Connaissez-vous le mouvement pour le libre accès à la recherche (open access)? | L'Interface, bulletin d'information de la vie étudiante à l'ÉTS - 25 octobre 2013

    […] Pour plus d’information sur le libre accès et les initiatives du réseau de l’Université du Québec en ce sens, consultez l’article paru cette semaine sur le blogue Tribune CI : L’Université du Québec et le libre accès. […]

  2. L’Université du Québec et l... - 30 octobre 2013

    […] "L’idée qui sous-tend le mouvement du libre accès est de rendre accessibles gratuitement sur Internet les résultats publiés de la recherche scientifique, en permettant aux utilisateurs, quels qu’ils soient, de lire, télécharger et distribuer les publications, en indiquant bien entendu toujours la source."  […]

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