La capsule Google a réponse à tout? Étapes et résultats de la production d’une capsule pour les bibliothèques

Marie-Eve Emond Beaulieu, bibliothécaire de référence à l’Université du Québec à Rimouski – Campus de Lévis

Contexte

Une nouvelle capsule portant sur le moteur de recherche Google, maintenant disponible en ligne, a été développée par les bibliothèques du réseau de l’Université du Québec dans le cadre du Programme de développement des compétences informationnelles. À l’occasion de la rencontre annuelle du GT-PDCI (qui regroupe des bibliothécaires du réseau de l’UQ), le 16 juin 2009, les membres du groupe de travail ont choisi de prioriser le développement de ressources portant sur la qualité des sources. Ce choix s’est imposé devant le constat que nous faisons tous en tant que bibliothécaire de référence : les étudiants de premier cycle sont peu sensibilisés à cette question et préfèrent souvent consulter des outils comme Google plutôt que les ressources offertes par leur bibliothèque, même si l’information qu’on y repère est souvent moins complète et de moins bonne qualité.

De nombreuses idées ont été explorées mais c’est la production d’une première capsule à propos de Google qui a d’abord été mise en branle. Il nous semblait important de traiter en premier lieu de l’outil de recherche le plus connu, le plus utilisé et le plus apprécié par nos étudiants de première année.

Objectif

L’objectif formulé dans un premier temps fut de «sensibiliser les étudiants du premier cycle universitaire à la qualité des informations repérées dans le moteur de recherche Google à l’aide d’une capsule d’environ une minute. » En travaillant sur le projet, cet objectif s’est progressivement bonifié : il s’agissait de s’assurer que l’étudiant soit conscient qu’il existe différents niveaux de qualité de contenu parmi les documents repérables avec Google et qu’on doit donc les évaluer rigoureusement. De plus, en discutant avec les membres du GT-PDCI, il nous est apparu important de sensibiliser l’étudiant au fait qu’on ne trouve pas tout avec Google.

Processus

La première étape consista à former un comité pour élaborer le contenu. Nous avons travaillé sur trois scénarios de capsules dont celle sur Google. Une première version de ces scénarios a été proposée au GT-PDCI qui a émis un certains nombre de critiques. Le comité s’est penché à nouveau sur le contenu en tenant compte de ces commentaires.

Par la suite, nous avons entamé des discussions avec des boîtes de production pour réaliser la capsule. Notre choix s’est arrêté sur Kabane. La firme a d’abord conçu un scénarimage mettant en scène un étudiant cool dans un décor épuré. C’est également à ce moment que le nom et le logo de la collection Question de bon sens ont fait leur apparition. Les concepteurs ont choisi de schématiser les idées du scénario original plutôt que d’utiliser des images réelles de Google.

Une première version de la capsule a été produite et présentée aux membres du GT-PDCI qui nous ont fait part de leurs commentaires. Ils ont été transmis à la maison de production qui a poursuivi son travail pour nous proposer la version finale de la capsule une semaine plus tard.

Résultats

Le 1er septembre 2010, les membres du GT-PDCI ont pu visionner la capsule Google a réponse à tout?, d’une durée de moins de deux minutes, à partir de YouTube et de la page Ressources des bibliothèques du réseau de l’Université du Québec. Nous étions alors prêts à la diffuser plus largement dans tout le réseau de l’UQ et à l’externe.

À ce jour, la capsule a reçu un très bon accueil auprès des professionnels des bibliothèques, des professeurs et des étudiants à qui elle a été présentée.

Utilisation de la capsule

La capsule a été diffusée de multiples façons selon les établissements de l’Université du Québec :

  • Présentation à l’occasion des sessions de formation offertes en début d’année
  • Diffusion en continu sur des écrans sur le campus (sans bande sonore)
  • Accès à la capsule sur le site Web de la bibliothèque
  • Diffusion sur la page Facebook de la bibliothèque
  • Diffusion sur le compte Twitter de la bibliothèque
  • Diffusion sur le fil RSS de la bibliothèque
  • Diffusion sur les plates-formes de cours en ligne (Claroline et Moodle)
  • Présentation aux membres du comité pédagogique universitaire

Facteurs de succès

  • Un objectif clair
    Dans le cadre d’un projet comme celui-ci, il peut être tentant de transgresser les lignes directrices établies au départ, à savoir la production d’une capsule courte qui vise à sensibiliser l’étudiant (et non à le former). Je pense que nous avons su nous y conformer jusqu’à la fin du projet.
  • La consultation, la consultation, la consultation!
    Tout au long de ce travail de longue haleine, le comité a bénéficié des commentaires des membres du GT-PDCI et des directeurs de bibliothèques qui ont pris le temps de visionner et de critiquer la capsule Google a réponse à tout? (et les deux autres capsules écrites au même moment). Ce regard extérieur a permis aux membres du comité de corriger certaines lacunes et ainsi, de bonifier le contenu de la capsule.
  • Un contact étroit avec la maison de production
    Les réunions avec la chargée de projet de projet chez Kabane ont été mises à profit pour bien faire comprendre notre vision de la capsule et le message à transmettre. L’équipe de production a également effectué les modifications demandées à la première version de la capsule pour nous remettre une version finale conforme à nos attentes.

Et l’avenir…

Parallèlement à l’écriture du scénario de la capsule Google a réponse à tout?, deux autres scénarios portant sur l’évaluation d’un site Web et sur Wikipédia ont été écrits. Leur production devrait être mise en branle sous peu. Nous prévoyons également nous pencher sur la conception d’autres capsules dans un avenir rapproché. Les prochains thèmes envisagés pour le moment sont :

  • Google Scholar
  • Les bases de données spécialisées
  • Le facteur d’impact

Nous avons des projets pour bonifier la page Question de bon sens. Nous souhaitons notamment élaborer des quiz reliés à chacune des capsules et proposer davantage de ressources pour appuyer l’étudiant dans sa démarche pour évaluer la qualité des sources.

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About Marie-Eve Emond Beaulieu

Bibliothécaire de référence à l'UQAR-Campus de Lévis

3 Réponses to “La capsule Google a réponse à tout? Étapes et résultats de la production d’une capsule pour les bibliothèques”

  1. « Google a réponse à tout » est une belle capsule vidéo et je suis le premier à promouvoir la recherche dans les catalogues et les index de périodiques académiques des bibliothèques. C’est une belle réalisation pofessionnelle, tant par sa forme que son contenu; on remplace le mot universitaire par collégial et on partage les mêmes objectifs. Toutefois, après ou même avant d’avoir trouvé des références via le catalogue de la bibliothèque et les index de périodiques, Google propose quand même un contenu avec un tri de pertinence basé sur des algorythmes et des critères. Ainsi une recherche avec les termes suivants : passage du nord ouest arctique canada donne 31 000 résultats. Le premier provient, comme c est souvent le cas de wikipédia et permet a l’étudiant de se faire une première idée sur le sujet, de se familiariser avec le vocabulaire et même de circonscrire un angle particulier de recherche. L’étudiant évitera sans doute de citer cette référence en bibliographie pour se conformer aux exigences de l’enseignement universitaire, mais son usage est quand même pertinent dans une phase d’exploration. La deuxième référence provient de l’Encyclopédie canadienne, une source académique reconnue proposée par les portails des bibliothèques collégiales et universitaires; la troisième référence, un article rédigé dans le Devoir par le Directeur d’une équipe de recherche sur la géopolitique de l’Arctique à l’Institut québécois des hautes études internationales, Département de Géographie, Université Laval; en quatrième place, c’ est bien l’information textuelle mais pourquoi pas un enregistrement video officiel du gouvernement canadien qui présente en images ce fameux passage?; en cinquième place dans les résultats, une publication de 14 pages sous le titre « Changements climatiques et ouverture de l’Arctique: quels impacts stratégiques pour le Canada? » de Frédéric Lasserre ,Professeur titulaire Département de géographie, Université Laval. Je n’ai pas trouvé cette publication en format pdf au catalogue Ariane de l’Université Laval, ni au catalogue collectif des bibliothèques de l’Université du Québec. Ces bibliothèques proposent toutefois une publication qui se veut une synthèse plus globale, sous la direction du même auteur. Quand je dis propose, précisons que cette publication toute récente, est en traitement dans 3 bibliothèques du réseau UQ, que dans deux autres la publication est empruntée pour encore une ou deux semaines et qu’elle est disponible en rayon en Outaouais. Un étudiant de l’Université Laval devra réserver sa copie puisque la publication reviendra dans 23 jours. La publication en pdf de 14 pages, proposée par Google mériterait de figurer aux catalogues de ces universités et la version synthèse, plus complète, devrait être proposée par les bibliothèques de ces mêmes universités, en format numérique, en même temps que sa version papier. L’éditeur invoquera des impératifs commerciaux pour soutenir la vente de la version papier et l’embargo de quelques mois de la version numérique, mais comme il s’agit de presses universitaires largement subventionnées,l’argument ne tient pas la route.
    Pour résumer, dire que « Google ramasse tout ce qu’il rencontre et ne les sélectionne pas » est erroné. Ce qui fait la force de ce moteur réside dans le fait qu’il propose les résultats selon des criteres rigoureux qui tiennent compte notamment de la popularité d’un site ou du nombre d’occurence des mots recherchés. Ce tri fait en sorte que des références de nature académiques sont ptoposées dans les 20 premiers résultats. Et que dire de Google Scholar? Dans ce contexte, la promotion des ressources documentaires des bibliothèques universitaires ou collégiales devrait reposer sur la pertinence informationnelle intrinsèque de ces institutions et on devrait considérer Google comme un outils essentiel et complémentaire à nos catalogues et index. Les innovations récentes du catalogue Ariane 2.0 et du portail Érudit sont deux manifestations de cette pertinence et de l’innovation dans les bibliothèques universitaires.
    Daniel Marquis dmarquis@cegepgranby.qc.ca

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      Toutefois, je ne crois pas que le message de la capsule soit de ne pas interroger Google, ou que toute l’information qu’on y trouve soit de mauvaise qualité. En effet, il ne s’agit pas d’un combat d’arrière-garde pour bannir l’utilisation de toutes les ressources qui ne sont pas fournies par les bibliothèques. On insiste simplement sur le fait qu’on retrouve avec Google de l’information de qualité variable, de la bonne mais aussi de la moins bonne, et qu’il est donc nécessaire de prendre le temps d’en évaluer la qualité.

      Par ailleurs, nous souhaitons faire ressortir le fait que, contrairement à ce qui est perçu par la majorité des étudiants, on n’y repère pas toute l’information disponible. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne les revues à comité de lecture. Bien qu’un certain nombre d’entre elles soient disponibles gratuitement sur le Web, ce n’est pas le cas de la majorité. Pour y avoir accès l’étudiant doit recourir aux ressources de sa bibliothèque.
      Or, en milieu universitaire, on exige souvent que les étudiants, même au premier cycle, s’appuient sur des articles revus par les pairs pour documenter leurs travaux. En fait, les critères sont souvent très précis et il est plus facile de les respecter en consultant les bases de données spécialisées qu’en utilisant Google.

      Par exemple, l’étudiant doit s’appuyer sur un minimum de dix articles scientifiques publiés au cours des cinq dernières années parmi lesquels cinq doivent provenir de revues spécialisées en sciences infirmières (c’est le genre d’exigences auxquelles les étudiants doivent parfois se conformer, dès le premier cycle universitaire). Prenons par exemple comme sujet la violence commise par les patients envers les infirmières : il sera plus facile de repérer des articles qui répondent à ces critères avec une base de données spécialisée comme CINAHL qu’avec Google. En effet, le thésaurus permettra d’utiliser le bon descripteur ce qui évitera les ambiguïtés (on trouvera des documents sur les violences commises par les patients sur les infirmières et non l’inverse, qui peut également être un sujet d’étude), on peut également utiliser les fonctions pour affiner la recherche selon la date de publication, la spécialité de la revue (dans cet exemple, on cherchera des revues en sciences infirmières), on peut aussi demander uniquement les revues à comité de lecture, etc. Bref, on va droit au but. Ce qui ne veut pas dire de ne pas compléter avec Google (qui peut effectivement être plus efficace pour trouver des données statistiques locales ou de la documentation gouvernementale sur ce sujet, par exemple). J’ajoute qu’il sera également plus facile d’accéder au texte intégral des articles en question, grâce aux abonnements de la bibliothèque.

      En ce qui concerne votre commentaire selon lequel il est erroné d’affirmer que Google ramasse tout ce qu’il rencontre et ne sélectionne pas, je crois qu’il ne faut pas confondre la sélection et la présentation des résultats. Le robot de Google ne fait effectivement pas de sélection lors de l’indexation des pages Web. D’ailleurs, même s’il y a effectivement un tri relativement efficace qui permet aux meilleurs résultats de figurer en tête de liste, comme vous le montrez très bien dans votre commentaire, cela ne veut pas dire que des informations de moins bonne qualité ne figurent pas également dans cette liste. Et dans le cas de certains sujets, on peut se questionner sur ce tri. Par exemple, une recherche avec « chasse aux phoques » Canada donne des sites militants comme premiers résultats. Je ne dis pas qu’on ne doit pas tenir compte de l’information donnée sur ces sites mais vous admettrez qu’il s’agit d’une information biaisée. Il faut donc demeurer vigilant.

      Pour ce qui est de Wikipédia et de Google Scholar, je vous rappelle que Google a réponse à tout? est la première capsule de la collection Question de bon sens, et que nous prévoyons en produire d’autres. Nous souhaitons produire des capsules qui traiteront de ces deux outils. Dans le cas de celle sur Wikipédia, nous avons déjà un bon bout de chemin de parcouru. Et je vous rassure : ce qui se dessine jusqu’à présent, c’est un portrait très nuancé, qui ne se veut pas anti-Wikipédia.

      Bref, il y a des pour et des contre pour l’utilisation de chaque type d’outil. Pour nous, l’important est que l’étudiant soit conscient des ressources variées qui s’offrent à lui pour qu’il puisse faire un choix éclairé, et pour le sensibiliser à évaluer la qualité de l’information.

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