Facebook et la transmission des connaissances

Jean-Philippe Pouliot est conseiller en information documentaire à l’Université du Québec à Chicoutimi. Il couvre les disciplines suivantes : arts, lettres, linguistique et langues modernes.

Présentation

À l’origine, la page Facebook de la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet fut développée afin d’offrir une alternative participative aux moyens de communication en vigueur. Cette initiative s’inscrivait dans le même élan proactif déjà entamé par la bibliothèque il y a quelques années avec la délocalisation d’une partie de ses conseillers. Le billet suivant aborde les avantages que présente la structure de Facebook sur le plan de l’initiation des nouveaux étudiants à leur bibliothèque ainsi qu’aux compétences informationnelles.

L’intérêt porté à Facebook

Pour ceux qui ne connaissent pas l’outil ou qui ne l’utilisent pas dans un contexte professionnel,voici les principaux éléments qui ont fait de Facebook le choix de la bibliothèque Paul-Émile-Boulet comme outil 2.0 privilégié :

  • La popularité de l’outil : avec plus de 500 millions d’utilisateurs, Facebook est le réseau social le plus populaire au monde. C’est aussi le réseau social le plus utilisé par les étudiants de l’UQAC.
  • La visibilité : toutes les nouvelles publications de la bibliothèque apparaissent dans le flux de nouvelles de chacun des adeptes. Cela augmente la pénétration des messages et offre la possibilité de s’adresser à une clientèle précise.
  • Les possibilités techniques : créer des événements pour annoncer des formations, rédiger des articles à propos de thématiques particulières ou des didacticiels, intégrer le catalogue d’une bibliothèque à l’aide de l’application FBML, sont toutes des possibilités qu’offre l’environnement Facebook.
  • Le partage : en plus de recueillir les commentaires des usagers, Facebook permet de partager aux usagers des trouvailles Web, les ressources essentielles, les nouveaux services, etc.
  • Les pages institutionnelles : elles sont accompagnées d’un bulletin hebdomadaire de statistiques, permettant de mesurer l’impact des nouvelles publiées et la visibilité des publications. Elles sont aussi idéales pour répondre au premier niveau d’information (horaire, coordonnées, etc.).

L’éventail de possibilités qui sont offertes par Facebook lui permet de s’intégrer et se modeler à différents milieux, à différentes réalités. Celui-ci peut être employé à des fins de promotion, de formation, d’intégration ou des trois à la fois, comme à la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet.

Un outil d’intégration

Un des principaux combats des bibliothèques universitaires concerne la mise en valeur des ressources et des services offerts. Beaucoup d’étudiants ne connaissent pas ou peu les ressources mises à leur disposition. C’est pourquoi les initier dès leur arrivée au fonctionnement de la bibliothèque et des différents processus de recherche est un atout pour eux. Sur ce plan, Facebook peut contribuer à rendre la tâche plus simple. Une étude menée par des chercheurs de l’université de Leicester en Angleterre a démontré que 50 % des nouveaux étudiants ont rejoint le groupe Facebook de l’université pour s’y faire des amis. Même si la situation nord-américaine est différente de celle en Europe, il en demeure pas moins que le taux de pénétration de Facebook chez les jeunes est particulièrement élevé. L’activité de la rentrée, qui s’est déroulée à la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet, corrobore en partie les résultats de cette étude.

En septembre dernier, la bibliothèque a profité des activités de la rentrée pour promouvoir sa page Facebook. Un rallye avait été organisé afin de faire découvrir aux nouveaux étudiants l’éventail de services offerts par leur bibliothèque. Tous les participants du rallye qui devenaient adeptes de la page Facebook de la bibliothèque pendant la durée du rallye se méritaient une chance supplémentaire de gagner. Les résultats se sont révélés concluants :

  • Nous sommes passés de 32 à 143 adeptes en trois semaines, soit une augmentation de 447 %. Nous augmentons graduellement depuis sans aucune forme de publicité. Nous avons actuellement 158 adeptes.
  • Les visites ont aussi grimpé en flèche, passant de 166 à 575 visites hebdomadaires, pour une augmentation de 346 %. Nous avions anticipé une baisse significative de l’activité la semaine suivant la fin du rallye, ce qui s’est produit. Cependant, la situation tend à se rétablir à la hausse, à mesure que le fil de nouvelles est alimenté.

Nous remarquons que l’augmentation des visites est proportionnellement moins importante que les nouveaux adeptes, ce qui démontre que plusieurs participants sont devenus adeptes sans intérêt autre que la chance supplémentaire. Néanmoins, nous avons enregistré très peu de désabonnements, et les commentaires, quoique très limités, ont tendance à augmenter. La participation des étudiants étrangers au rallye fut significative, démontrant ainsi l’intérêt porté à leur nouveau milieu d’études.

Conclusion

Un des éléments les plus importants de cette initiative, c’est l’idée de rejoindre les étudiants à l’aide des outils qu’ils utilisent. Pendant longtemps, la recherche documentaire impliquait aux néophytes l’aide d’un commis, d’un technicien ou d’un bibliothécaire pour mettre la main sur un volume. Avec les nouveaux outils de recherche Web, l’étudiant peut satisfaire lui-même ses besoins informationnels, même si ceux-ci ne sont pas toujours ceux escomptés. Dès lors, les outils de la bibliothèque sont vus comme étant complexes et peu attrayants. L’idée, c’est d’inverser la vapeur, et d’utiliser ces nouveaux outils en collaboration avec ceux offerts à la bibliothèque, afin de leur démontrer la pertinence d’apprendre à les utiliser et ainsi découvrir les richesses qu’ils recèlent. Après tout, l’idée de partage de l’information derrière le web 2.0 n’est-elle pas un fondement des bibliothèques universitaires?


[1]CHAIMBAULT, Thomas et Élisabeth Noël (2009). Réseaux sociaux : quels usages en bibliothèque? In Le web 2.0 en bibliothèques. Quels services? Quels usages?, Éditions du cercle de la librairie, Paris, 202 p.


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About Jean-Philippe Pouliot

Bibliothécaire en arts et lettres à la bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi.

2 Réponses to “Facebook et la transmission des connaissances”

  1. Très intéressant. Par contre, je pense qu’il serait intéressant de savoir QUI à la bibliothèque publie avec le compte. Avoir un peu de « personnalisation » de la bibliothèque, afin que ce soit Jean-Philippe, Marie-Ève, etc. qui parlent, et pas l’institution.
    Est-ce que ça a déjà été envisagé?

    J'aime

    • Bonjour Dominique,

      Bonne idée! En fait, nous n’y avions pas pensé, mais j’en prend bonne note. Je sais que sur Twitter, c’est pratique courante lorsqu’ils sont plusieurs à partager un compte institutionnel. Je vais voir comment je pourrais mentionner de manière la plus efficace possible qui s’occupe de la page.

      Merci pour le commentaire!

      J'aime

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