Le plagiat, une problématique toujours d’actualité

Vicky Gagnon-Mountzouris est bibliothécaire à l’École de technologie supérieure de Montréal. Elle est responsable des dossiers relatifs aux communications et à la formation documentaire.

La bataille menée par les institutions scolaires pour contrer le plagiat est loin d’être gagnée. Pour les bibliothécaires, il s’agit d’un enjeu important depuis plusieurs années. Par le biais des formations documentaires qui visent l’acquisition de compétences et de connaissances informationnelles, nous avons comme objectif d’amener les étudiants à rédiger de façon éthique.

L’inspiration de ce billet m’est notamment venue de l’actualité et plus particulièrement de trois textes récemment publiés qui démontrent différentes facettes de la problématique :

Le plagiat et ses différents enjeux

Ce qui m’a frappée à la lecture de ces textes c’est tout le travail qui reste à faire afin de conscientiser les gens à l’importance de bien utiliser l’information qu’ils trouvent. J’aimerais orienter la discussion vers ce que nous devons faire dans nos formations pour conscientiser les étudiants et les enseignants à ce problème.

Dans le premier article de Sarah Netter, il est question d’une forme de plagiat qui se rapproche de la tricherie pure et simple. Il s’agit de payer quelqu’un pour faire un travail universitaire de calibre suffisant pour que les enseignants ne réalisent pas la duperie. Notre travail à ce niveau est de sensibiliser aux conséquences que ce genre de fraude peut amener pour les tricheurs, mais aussi présenter l’enjeu de l’éthique chez les étudiants qui sont aussi de futurs professionnels. Il faut aussi discuter avez les professeurs afin qu’ils soient attentifs et sévères envers les étudiants fautifs.

Le billet de Patrick Lagacé relève plusieurs éléments intéressants et les commentaires des lecteurs le sont tout autant. Certains se demandent « Est-ce que ça veut dire que traduire, c’est plagier? » ! On remarque un manque flagrant de connaissance sur la façon de réutiliser l’information trouvée sur Internet. Le journaliste ciblé par M. Lagacé s’est bien défendu d’avoir plagié. Dans un billet suivant, Patrick Lagacé lui donne la parole. David Descôteaux s’explique en disant :

« J’ai vérifié tous les faits avancés dans le texte d’Iwanik. Je sais que les apparences jouent contre moi. Mais je n’ai jamais eu d’intention de plagiat. Je te donne ma parole là-dessus. Mais comme je l’admets dans ma clarification, j’aurais dû mettre une source dans le texte. » (Lagacé, 2011)

Nous voyons ce genre de commentaires régulièrement de la part des étudiants qui ne plagient pas de façon intentionnelle. À ce niveau, il faut clairement faire comprendre dans nos formations ce qu’est le droit d’auteur et préciser aux étudiants quelles informations nécessitent des citations et des sources. Pour plusieurs, ce qu’on retrouve sur Internet est du domaine public et il n’est pas essentiel de citer ses sources. C’est un travail d’éducation qu’il faut faire.

Le troisième article de François Cardinal touche un point qui me semble plus sensible et plus difficile à détecter. L’auteur fait référence aux habiletés de recherches et d’esprit critique qui sont parfois déficientes chez certains jeunes. Il est important pour nous de considérer cet aspect dans nos formations. En effet, bien des étudiants s’évaluent plus compétents qu’ils ne le sont en réalité. Il faut aider les étudiants à bien utiliser les outils, expliquer l’importance de citer ses sources et surtout comment le faire, selon les normes précises, de nos institutions. Pour leur faciliter la tâche, nous leur présentons des guides et des outils qui facilitent la chose (EndNote).

La lutte au plagiat, un travail de collaboration

Il y a là plusieurs enjeux toujours d’actualité. Pour nous, bibliothécaires-formateurs, le plagiat et l’utilisation de l’information sont importants à intégrer dans nos formations et nous devons continuer à insister. C’est aussi un formidable enjeu marketing pour nos formations puisqu’il s’agit d’un problème qui touche la direction des institutions.

Par contre, pour que nous puissions gagner du terrain, il est important de ne pas travailler en vase clos. Il faut démontrer notre savoir-faire, participer aux discussions avec les décanats et surtout essayer d’impliquer le plus possible les professeurs. Il faut donc des politiques cohérentes.  Il sera très difficile pour un bibliothécaire de présenter à des étudiants les normes de citation en vigueur dans son institution, si ces normes ne sont pas réellement exigées dans tous les travaux scolaires. Nous parlons alors d’un travail d’équipe qui doit se réaliser dans tous les niveaux. Est-ce aux bibliothécaires d’en être les instigateurs… pourquoi pas ?

Voici quelques pistes de discussions, à vous maintenant de dire ce que vous en pensez :

Que faites-vous localement dans vos formations pour sensibiliser au plagiat ? Est-ce que cela fonctionne ? Quels sont vos politiques institutionnelles à ce sujet, est-ce que les bibliothécaires sont consultés ? Que pensez-vous de ces articles ?

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À propos de Vicky Gagnon-Mountzouris

Bibliothécaire, responsable des services à l'École de technologie supérieure de Montréal. Vous pouvez me suivre sur Twitter @VikiG! J'ai aussi une formation en pédagogie et un intérêt pour les technologies éducatives.

Une Réponse vers “Le plagiat, une problématique toujours d’actualité”

  1. Je tiens à vous féliciter pour ce billet. Très intéressant et les enjeux du plagiat restent et seront éternels d’après moi.

    Ici à l’UQAT, le degré d’intolérance des professeurs et chargés de cours varie et les moyens pour combattre ou encore pour réduire l’acte de plagier varient aussi.

    En janvier dernier, le Comité de pédagogie universitaire a organisé un atelier sur le plagiat à l’intention des professeurs et des chargés de cours. La présentation a été consolidée par la projection de la capsule « Si c’était écrit, c’est vrai ? » et la participation au quiz réalisé par l’Université de Montréal qui s’intitule Quiz sur l’intégrité, la fraude et le plagiat. Grâce à cette présentation, une autre a eu lieu à l’intention des professeurs du Cégep en Abitibi-Témiscamingue.
    Dans les formations proposées par la bibliothèque, la sensibilisation au plagiat ne fait pas partie du plan de la formation. Elle se présente plutôt en fonction de la nature de la formation et quand le professeur veut la souligner et informer ses étudiants à la présence d’un règlement sur le plagiat à l’UQAT. Dans mon cas, j’ai eu l’occasion d’en parler lors de mes formations (Comment évaluer mes sources d’information ?, EndNote). À chaque fois, je glissais un mot sur le plagiat et ses différentes formes en mettant l’emphase sur l’importance de citer les sources et en cas de doute de ne pas hésiter à poser la question, soit au professeur, soit aux conseillers en documentation de la bibliothèque.

    J’avoue que ces survols sont des tentatives limitées et je ne saurai vous dire à quel point l’étudiant a capté le message, ni à quel point il va s’appliquer à citer ses sources convenablement.

    Lors de mes rencontres avec les professeurs dans les différents comités de travail, le sujet du plagiat suscite beaucoup d’intérêt et il arrive que certains professeurs se lancent dans des confidences pour parler de cas de plagiat constatés dans leurs cours et la démarche qu’ils ont adoptée. Celle-ci reste malheureusement limitée car souvent, détecter des travaux plagiés leur exige un effort supplémentaire et ils arrivent qu’ils soient seuls à gérer la situation sans bénéficier du support de la direction de leur département et encore moins de la direction des études. L’étudiant plagieur est réfractaire. L’attribution d’un zéro pour un travail ne l’empêchera pas de récidiver. L’absence d’accompagnement auprès des professeurs confrontés à des cas de plagiat n’arrange pas la situation. On a beau adopté une politique ou un règlement spécifiant en quoi consiste le plagiat et les sanctions qui seront appliquées, mais la sensibilisation de nos étudiants et les initiations de les outiller pour citer adéquatement leurs sources restent un élément clé pour combattre cette pratique.

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