À la conquête du web : les signets sociaux

Depuis l’avènement du web 2.0, bien des outils et des applications ont vu le jour. Nous assistons en effet à un foisonnement d’outils qui nous permettent de gérer en particulier nos signets. Bien que nous sachions que les navigateurs et les moteurs de recherche offrent ce service de gestion, d’autres applications à valeur ajoutée existent et commencent à faire leur percée dans le milieu de l’enseignement et de la veille informationnelle jusqu’au point de remodeler nos pratiques informationnelles et communicationnelles.

Ce billet est avant tout un retour d’expérience sur ce qui a été fait et ce qui est en cours de réalisation à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).

Mise en situation

L’aventure a commencé lors d’une réunion du comité de pédagogie universitaire sur d’éventuels ateliers à proposer aux professeurs et chargés de cours de l’UQAT pour la session d’hiver 2011. Plusieurs professeurs ont démontré leur curiosité et un besoin de suivre un atelier sur les différentes applications Web 2.0, telles que Delicious, Linkedin, Diigo, Netvibes, et bien d’autres.

L’atelier a eu lieu en janvier dernier et il était question d’outils de gestion de signets sociaux. Étant l’animatrice de l’atelier, mon souci était de leur faire découvrir ces outils, de leur présenter un choix d’outils qui pourraient répondre à leurs besoins professionnels et/ou pédagogiques. Il va sans dire, qu’à travers cet atelier, j’ai essayé de faire le lien entre l’exploitation de ces outils dans le contexte d’un cours, ce qui a contribué à «allumer» les professeurs sur les différents usages de ces derniers dans leur milieu de travail. D’ailleurs, plusieurs sources soulignent ces usages, en particulier la thèse de Michèle Drechsler (2009, p. 295) et l’article de Christine Greenhow (2009, p. 11) ainsi que le billet d’Educause Learning Initiative (Lomas, 2006).

Les outils de gestion de signets sociaux : ce qu’il faut savoir

Souvent, gérer ses signets relève du défi car il nous arrive de se retrouver englouti par leur nombre, ou encore d’oublier de les sauvegarder. On reste lié à un seul ordinateur et avec leur nombre croissant, il devient de plus en plus difficile de repérer les sites recherchés. Avec l’arrivée des outils de gestion de signets sociaux, la pratique de sauvegarder des signets revêt une nouvelle dimension à la fois, éclatée, mobile et à valeur ajoutée. Cette valeur ajoutée se présente dans la possibilité de pouvoir partager ses signets avec une communauté et d’explorer, voire, identifier des personnes clés dans un domaine d’intérêt et choisir de les suivre ou encore de s’abonner à leur flux RSS (Le Deuff, 2009). Ce qui est intéressant avec ces outils c’est qu’ils « peuvent constituer des milieux associés au sens où l’utilisateur peut construire son environnement informationnel en construisant des relations de partage et de confiance avec d’autres usagers » (Le Deuff, 2009). La bibliothèque de signets d’une personne n’est pas considérée comme un maillon isolé mais faisant partie d’une toile beaucoup plus large au sein du web axée sur l’échange, la découverte fortuite et le partage. Ce qu’il faut souligner avec ces outils, c’est que le site est reconnu non pas par le nombre de liens ou de sites pointant vers lui comme logique utilisée par Google mais plutôt par le nombre de fois qu’il a été sauvegardé par les utilisateurs de la même plateforme. Autrement dit, plus le site est identifié comme signet par les utilisateurs et plus sa qualité croît.

La popularité d’une source se construit dans le temps et de façon continue. De plus, chaque utilisateur est acteur à travers ces outils, c’est-à-dire il est appelé à explorer le web, à bâtir son réseau et à établir des contacts pour dénicher « la perle » afin d’apprendre un peu plus sur son sujet d’intérêt et donc de combler son besoin d’information. Par la même occasion, l’utilisateur est appelé à identifier la source et à lui attribuer des étiquettes pour les besoins de l’organisation et du repérage ultérieur, mais aussi pour les besoins de la faire connaître et la rendre visible auprès de son réseau de contacts immédiat et éloigné.

À travers les différents aspects présentés plus haut, nous ne pouvons qu’apprécier le potentiel des outils de gestion de signets dans le milieu de l’enseignement puisqu’ils ouvrent aux professeurs une porte pour appuyer le développement des compétences transversales en lien avec les compétences informationnelles, car pour bâtir son environnement informationnel ou encore pour contribuer au développement d’un environnement informationnel collaboratif, l’utilisateur est appelé à développer des compétences comme chercher, trier, étiqueter, évaluer, définir une structure, etc.  Mais, ce qui est, d’après moi, à considérer en particulier dans le milieu éducatif c’est de permettre aux étudiants de multiplier leurs démarches pour trouver une information de qualité en se basant sur un réseau de contacts et sur des sources étiquetées au lieu de se contenter de Wikipédia ou encore de Google.

La veille collaborative pour les besoins d’une chaire : cas de l’UQAT

Au cours de cet atelier, j’ai eu l’occasion de présenter aux participants quelques outils de gestion de signets sociaux. Le choix ne visait pas l’exhaustivité mais simplement leur faire découvrir les particularités de quelques outils qui, d’après mes recherches, se présentaient comme les plus intéressants et, fort possiblement, les plus connus, à savoir : Delicious, Diigo, PearlTrees et Zotero.

La découverte de ces outils et leur potentiel pour le repérage, la sauvegarde, l’identification et surtout le partage de l’information entre les membres d’une communauté de chercheurs et/ou de professeurs a conduit une professeure et titulaire de la Chaire en entrepreneuriat minier UQAT-UQAM à s’intéresser à ces outils afin de mettre sur pied un centre de références virtuelles. Ce centre a pour objectif d’assurer la veille informationnelle auprès des chercheurs et toute personne impliquée dans les différents axes de recherche définis par cette Chaire.

Face à l’abondance de l’information sur Internet, les outils de gestion de signets sociaux semblent être la solution qui permet aux utilisateurs d’identifier des ressources pertinentes et de les partager. Le fait de créer un réseau de confiance et d’y contribuer avec des sources pertinentes constitue un environnement informationnel de qualité supérieure et garantie.

Étant donné les enjeux de ces outils, je suis curieuse de savoir ce qui se passe de votre côté dans l’intégration de ces outils dans les sphères de l’enseignement et/ou de la recherche. Est-ce que votre bibliothèque envisage l’intégration d’une plateforme de gestion de signets sociaux ? Quels sont ou seront les usages de ces outils dans le milieu des institutions universitaires et celui des bibliothèques universitaires dans l’apprentissage des compétences informationnelles en particulier ?

Sources

Exemple de compte Delicious : http://www.delicious.com/hagerbraham

Exemple de compte Diigo : http://www.diigo.com/user/mensrea_2011

Exemple de compte Pearltrees : http://www.pearltrees.com/vesuve/

Exemple de compte Zotero : https://www.zotero.org/meduse

 Références

 Drechsler, M. (2009). Les pratiques du socialbookmarking dans le domaine de l’éducation : affordances sémantiques, socio-cognitives et formatives : volume 1. Université Paul Verlaine-Metz.

Greenhow, C. (2009). Tapping the Wealth of Social Networks for Professional Development [Reports] Learning & Leading with Technology Journal, 36 (8), 10-11.

Le Deuff, O. (2009). Les signets sociaux ou le tiers de confiance.  Argus, 37 (3).

Lomas, C. (2006). Seven things you should know about social bookmarking.  Educause Learning Initiative, May.

 

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About hager2010

Spécialiste en moyens et techniques d'enseignement à la bibliothèque du Cégep et de l'Université en Abitibi-Témiscamingue depuis juin 2010.

3 Réponses to “À la conquête du web : les signets sociaux”

  1. Intéressant billet mais… je croyais qu’on avait annoncé la mort prochaine de DeIicious?

    http://downloadsquad.switched.com/2010/12/16/yahoo-shutting-down-delicious/

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    • Merci Jean-Daniel. Effectivement c’est ce que plusieurs bloggeurs ont annoncé surtout depuis son acquisition par Yahoo en 2005, mais il ne faut pas oublier que sa communauté d’utilisateurs compte par des millions (il parait la plus importante) qui l’utilise et continue à l’alimenter. D’autant plus que Delicious figure toujours dans le premier choix parmi les gestionnaires de parmeliens ou favoris. Je pense que malgré ses quelques limites, il reste un outil intéressant pour gérer et bonifier nos favoris.

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  2. En fait, notamment à cause de la pression, Yahoo a décider de vendre Delicious et non de le fermer. Les dernières rumeurs disent que Delicious sera acheté par StumbleUpon pour 1 million.

    http://bit.ly/hkT2IS
    http://bit.ly/fP4m3N

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