L’utilisation du tableau blanc interactif en contexte de formation documentaire

TBI au Centre de ressources didactiques de l'UQTR

TBI au Centre de ressources didactiques de l’UQTR

Ah les technologies! Les jeunes en sont friands et les milieux scolaires le savent parfaitement. D’ailleurs, depuis quelques années, le tableau blanc interactif (TBI) remplace peu à peu le traditionnel tableau vert dans les classes primaires et secondaires. Utilisé de façon adéquate, cet outil permettrait d’augmenter l’interaction et la motivation des élèves en classe (Al-Qirim, 2011). Avec le taux élevé de décrochage scolaire… Pourquoi pas? Mais est-ce que la présence du TBI en bibliothèque universitaire pourrait également être bénéfique pour les étudiants universitaires?

C’est exactement la question que je me suis posée en constatant la présence d’un TBI au Centre de ressources didactiques (CRD) de la bibliothèque de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Au printemps 2011, nouvellement embauchée à l’UQTR, j’avais pour mandat de mettre sur pied un atelier de formation, destiné aux étudiants du Département des sciences de l’éducation, pour leur faire découvrir les fonctionnalités du tableau blanc interactif. En fait, le CRD avait reçu en don, quelques mois auparavant, un TBI de type ActivBoard, permettant ainsi aux étudiants en éducation de l’UQTR de faire l’apprentissage de cet outil pédagogique. Une vraie merveille! Un TBI « full equip », avec la télécommande pour le déplacer au mur ainsi que tous les accessoires agrémentant son utilisation tels que télévoteur, baguette et tablette sans fil. Un seul problème : presque personne ne venait utiliser cette superbe machine!  J’étais donc la candidate idéale pour mettre en place une formation TBI, puisqu’en plus de mon bac en éducation, j’ai acquis une expertise de cette technologie lors d’un emploi précédent au sein de l’entreprise De Marque. Cette dernière a vendu le TBI Activboard dans les écoles québécoises de 2005 à 2010. Suivant les enseignements de la « Ninja TBI », Audrey Miller (autrefois formatrice TBI chez De Marque, maintenant à son compte), j’en suis devenue une à mon tour!

Donc, depuis l’automne 2011, une publicité accrue est faite auprès du Département des sciences de l’éducation et les professeurs incitent les étudiants à venir au CRD pour se familiariser avec le TBI. Des ateliers de formation sont offerts aux étudiants et ceux-ci viennent par la suite réserver le local équipé du TBI, pour se pratiquer avec l’outil. Mission accomplie!! Les étudiants en enseignement viennent maintenant apprivoiser la bête technologique au Centre de ressources didactiques. Ils n’ont plus peur de celle-ci et sont désormais prêts à l’exploiter aisément lors de leurs stages en milieu scolaire.

Mais d’où est venue l’idée d’utiliser le TBI à des fins de formation aux compétences informationnelles? En fait, c’est aussi à l’automne 2011, lorsque je réfléchissais à mon choix de cours à l’EBSI, que l’idée d’explorer l’utilisation du TBI en bibliothèque universitaire m’est venue. Plutôt que d’avoir 2 cours à l’hiver 2012, j’ai choisi d’effectuer un projet de recherche de 6 crédits sur l’utilisation du TBI à la bibliothèque de l’UQTR. Je me suis questionnée sur la façon de rendre cet outil profitable à l’ensemble des étudiants de l’université plutôt  qu’aux seuls  futurs enseignants. Avec l’aide de Madame Audrey Laplante, professeure adjointe à l’EBSI, je me suis lancée dans une expérimentation visant à déterminer si l’utilisation du TBI lors d’une formation documentaire pouvait être pertinente. Après plusieurs mois de dur labeur, mon travail de recherche a été déposé sur le dépôt institutionnel de l’Université de Montréal.

Ma collègue à la bibliothèque de l’UQTR, Catherine Leduc, a gentiment accepté de se prêter au  jeu. À l’hiver 2012, elle devait donner des formations documentaires spécialisées à des étudiants du baccalauréat en loisir, culture et tourisme.  Deux groupes d’étudiants, un composé de jeunes en première année universitaire et l’autre de finissants de troisième année, ont été scindés en deux pour ainsi obtenir quatre groupes.

Description des groupes et des ateliers de formation pour l'expérimentation TBI

Description des groupes et des ateliers de formation pour l’expérimentation TBI

Dans un premier temps, j’ai adapté le contenu de la présentation PowerPoint utilisée par Catherine lors de ses formations spécialisées, pour qu’elle soit présentée à l’aide du TBI. Le PowerPoint a été importé dans ActivInspire, le logiciel accompagnant le TBI ActivBoard, et des animations ont été ajoutées au contenu déjà existant. Une vidéo a été créée afin de montrer les changements apportés à la présentation. Dans un deuxième temps, afin de préparer Catherine à l’expérimentation, je lui ai enseigné à manipuler le stylet pour écrire au tableau et je lui ai montré les différentes fonctionnalités utiles à l’enseignement : tourner les pages, ajouter une page blanche pour écrire, effacer, masquer la palette d’outils, etc.

Nous avons installé temporairement un TBI dans la salle de formation de la bibliothèque, les ateliers ont eu lieu et j’ai ensuite recueilli les impressions des étudiants sur la formation à laquelle ils avaient assisté (avec ou sans TBI), grâce à un questionnaire. Aussi, une entrevue avec une étudiante et une professeure, qui ont assisté aux deux types de formation, a permis d’obtenir leurs point de vue. Enfin, les impressions de Catherine ont aussi été recueillies en entrevue.

Et au final, ça dit quoi? En général, les résultats obtenus démontrent que l’intérêt et la motivation des étudiants n’augmentent pas nécessairement avec l’utilisation du TBI. Les personnes interviewées n’ont pas constaté un plus grand intérêt de la part des étudiants. Par contre, les étudiants du groupe test A (3e année) obtiennent des résultats intéressants lors de l’analyse des questionnaires. Ce groupe a apprécié davantage l’atelier de formation, celui avec le TBI. C’est dans une proportion de près de 90 % qu’ils ont trouvé que la présentation était attrayante. Aussi, la grande majorité du groupe a affirmé que l’atelier était intéressant et stimulant contrairement aux autres groupes qui ont une opinion très partagée. Ce groupe a également fait plusieurs commentaires concernant l’utilisation du TBI dont en voici quelques-uns :

« Toujours très intéressant, car l’information apparaît une après l’autre. Plusieurs possibilités offertes pour détailler certaines notions (feuille blanche). »

« L’usage du tableau blanc est idéal pour les étudiants visuels! Une fois que l’outil va être maîtrisé, il va évidemment favoriser la compréhension de la majorité des étudiants. »

« Plutôt intéressant. J’en avais jamais vu un avant, c’est pratique et attrayant. »

« C’est un outil très interactif. J’aime le fait que le professeur puisse rajouter des commentaires écrits directement sur le tableau. »

« C’est un bon moyen pour approfondir les diapositives. »

« C’était super et très clair avec la possibilité d’apporter des notes. »

Tout compte fait, c’est peut-être au niveau de la compréhension que se situe l’avantage du TBI en formation documentaire. Les commentaires obtenus des étudiants indiquent que cet outil permet de mieux suivre ce que la formatrice présente, puisqu’elle pointe avec sa main sur l’écran l’endroit où elle clique, (sur un bouton dans une base de données par exemple). Aussi, la possibilité d’ajouter des notes manuscrites sur n’importe quelle diapositive de la présentation semble aider les étudiants. D’ailleurs cet avantage a été souligné par la formatrice. Également, lors de l’expérimentation, Catherine Leduc a bien apprécié la possibilité de faire apparaître les éléments de réponse dans un ordre non défini, contrairement au PowerPoint. Selon elle, cela permet des discussions plus intéressantes, puisqu’il est possible de suivre le rythme des étudiants, en fonction des réponses qu’ils apportent.

Enfin, quelques contraintes ont été observées lors de l’expérimentation. Tout d’abord, la grandeur du TBI posait problème. La salle de formation de l’UQTR contient 24 postes informatiques disposés sur trois rangées. Les étudiants assis à l’arrière de la salle ne voyaient pas correctement sur le TBI. Alors nous avons donc dû utiliser l’écran de projection qui sert lors de toutes formations afin que la présentation soit visible par tous.

Écran de projection utilisé avec le TBI lors de l'expérimentation

Écran de projection utilisé avec le TBI lors de l’expérimentation

Aussi, le temps nécessaire pour intégrer dans ActivInspire les présentations PowerPoint peut être contraignant. Il faut prévoir plusieurs heures afin de se familiariser avec le logiciel ActivInspire et être en mesure d’ajouter des interactions telles que l’apparution d‘éléments ou l’ajout d’hyperliens. Il est donc essentiel d’analyser le type de clientèle, la taille des groupes ainsi que l’endroit où se dérouleront les ateliers (salle de classe ou salle de formation de la bibliothèque) afin de déterminer s’il est pertinent de créer une présentation ActivInspire pour une formation documentaire.

Finalement, je crois que le tableau blanc interactif a sa place en bibliothèque universitaire et plus particulièrement en formation documentaire. En septembre dernier, j’ai eu la chance d’utiliser le TBI à deux reprises pour initier de petits groupes  d’étudiants au fonctionnement de l’Outil de découverte. Ben quoi! Moi aussi j’avais envie d’utiliser le TBI en contexte de formation!! Et vraiment, j’ai adoré l’expérience. C’est vrai que je suis expérimentée avec l’utilisation d’un tel outil, mais dans le cadre de la formation documentaire de base, seule la navigation sur le site Web de la bibliothèque et dans l’Outil de découverte étaient effectuée sur le TBI. Non, ce n’est pas vrai… J’ai également utilisé ActivInspire pour présenter une page de la présentation PowerPoint qui avait été adaptée pour l’expérimentation. L’exercice sur les références bibliographiques avait vraiment fait fureur lors de l’expérimentation; je me devais de l’utiliser à nouveau. Même que cette activité, je l’ai aussi présentée lors de mes autres formations documentaires, où le tableau blanc interactif n’était pas utilisé, pour montrer aux étudiants quels termes ils doivent utiliser pour chercher dans l’Outil de découverte. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’est pas obligatoire d’avoir un TBI pour faire fonctionner ActivInspire. Puisque le logiciel est installé sur tous les postes publics de l’université, il est possible de présenter les contenus pour le TBI dans les salles de classe. On peut donc ouvrir une présentation ActivInspire et effectuer très facilement différentes actions telles que de cliquer sur les éléments, surligner ou encercler des choses avec la souris d’ordinateur, plutôt que le stylet du TBI. Par contre, c’est vachement difficile d’écrire avec une souris!

Activité créée lors de l'expérimentation TBI

Activité créée lors de l’expérimentation TBI

Voilà! Malgré le fait que le gouvernement Marois remet en cause l’achat massif de tableaux blancs interactifs pour les écoles publiques, prochainement nous aurons un deuxième TBI à la bibliothèque de l’UQTR. Celui-là pour notre salle de formation. Naturellement, je serai responsable de la formation des bibliothécaires au sein de l’UQTR. Selon moi, il est essentiel que les professionnels de l’information qui ont accès à un TBI soient formés pour utiliser adéquatement cet outil d’enseignement. Et cela pour éviter de répéter une situation trop fréquente dans les écoles, soit un TBI utilisé simplement pour projeter une vidéo ou un PowerPoint, puisque l’enseignant n’a aucune idée  des façons de s’en servir autrement!

Pour notre prochain TBI, nous cherchons  actuellement une solution afin que les étudiants puissent bien voir au tableau, peu importe l’endroit où ils sont assis dans le local. Si vous avez des suggestions, elles sont les bienvenues! Également, si vous possédez un TBI dans votre bibliothèque, il serait intéressant de nous partager la façon dont il est utilisé. Est-ce pour former les futurs enseignants à cet outil? Est-ce pour la formation documentaire? Ou encore, pour le travail en équipe des étudiants? Vos commentaires nous permettront certainement d’avoir une meilleure idée de l’emploi de cette technologie dans le milieu des bibliothèques et même de nous inspirer à de nouvelles utilisations!

Pour consulter mon travail de recherche:

https://papyrus.bib.umontreal.ca/jspui/bitstream/1866/8381/1/Lavergne-V-TBI.pdf

Quelques articles consultés lors de ma recherche:

Al-Qirim, N. 2011. Determinants of interactive white board success in teaching in higher education institutions. Computers & Education 56, no 3: 827-838.

Clyde, Laurel A. 2004. Electronic Whiteboards. Teacher Librarian 32, no 2: 43-44.

Jones, Jane. 2010. Learning for life at the State Library of Western Australia. inCite 31, no 6: 20-20.

Knight, Elisabeth. 2003. How Smart is a SMART Board for an Academic Library? Using an Electronic Whiteboard for Research Instruction. Kentucky Libraries 67, no 3: 4-7.

Kowalsky, Michelle  et al. 2005. End of the Chalkboard. School Librarian’s Workshop 26, no 3: 15-16.

Olson, Beth M. 2008. Interactive Whiteboards in Minnesota Media Centers. Duluth, Minnesota: College of St. Scholastica.

Schroeder, Robert. 2007. Active Learning with Interactive Whiteboards: A Literature Review and a Case Study for College Freshmen. Communications in Information Literacy 1, no 2: 64-73.

Par Véronique Lavergne

Bibliothécaire de référence générale, responsable des formations TBI

UQTR

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4 Réponses to “L’utilisation du tableau blanc interactif en contexte de formation documentaire”

  1. Jean-Philippe Pouliot Répondre 20 mars 2013 à 08:55

    Est-ce les tablettes sont une technologie qui complètent les TBI ou elles lui font compétition?

    Merci pour le billet, très intéressant comme partage d’expérience.

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    • Selon moi, les tablettes électroniques peuvent faire compétition au TBI puisqu’elles permettent également l’interaction et la collaboration entre les élèves. Ces derniers apprennent de façon ludique avec les tablettes numériques tout comme avec le TBI. Certains enseignants vont préférer utiliser ces appareils en classe puisque les élèves semblent davantage impliqués lorsqu’ils ont entre les mains une tablette.

      Évidemment, les compagnies qui vendent les TBI (Promethean, SMART Technologies…) proposent maintenant de combiner l’utilisation des tablettes à leur technologie. Par exemple, Promethean offre une application (ActivEngage) pour téléphone intelligent ou tablette électronique qui permet d’effectuer des quiz en classe. Tout compte fait, lorsqu’un TBI est déjà installé dans une classe, les tablettes peuvent être un complément, tandis que lorsqu’il n’y a pas de technologies en place et que l’enseignant doit faire un choix, les iPads et autres appareils semblables sont désormais de grands compétiteurs au TBI.

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  1. École secondaire des Pionniers : une expérience de formation documentaire en milieu universitaire pour des élèves du secondaire | Tribune Compétences Informationnelles - 24 novembre 2014

    […] une journée complète à la bibliothèque : formation documentaire présentée à l’aide d’un tableau blanc interactif (TBI), quiz, visite, kiosques, rallye, bingo et prix de présence: la totale! Je propose mon idée […]

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