Une salle de formation documentaire inspirée de la classe d’apprentissage actif

Salle de formation, Cégep Limoilou, campus de Charlesbourg

Les travaux de rénovations du Carrefour de l’information au campus de Charlesbourg du Cégep Limoilou ont été l’occasion de repenser nos aménagements et, plus particulièrement, celui de la salle de formation documentaire. Pour nous aider, nous avons fait appel à Séverine Parent, conseillère pédagogique TIC du cégep, qui nous a invités à nous inspirer de la classe d’apprentissage actif, appelée aussi classe du 21e siècle : « Ces classes permettent aux étudiants d’expérimenter un environnement plus interactif, participatif et collaboratif que les classes traditionnelles et les cours magistraux. Elles combinent trois éléments : un nouveau design avec des tables rondes qui favorisent le travail d’équipe, la discussion et la libre circulation; une pédagogie axée sur l’apprentissage par problèmes (APP), l’apprentissage par projets et l’enseignement par les pairs; et un équipement de haute technologie qui permet l’expression et l’interactivité » (Cantin, 2011, para. 2). Dans le texte qui suit, je vous présenterai l’équipement et l’organisation de la salle, l’approche pédagogique dont je me suis inspiré, l’utilisation que j’ai faite de la salle jusqu’à maintenant et ce que j’aimerais faire dans le futur.

Organisation de la salle

Convaincus que cette approche apporterait autant aux étudiants qu’aux formateurs, nous avons élaboré les bases de la salle de formation, dont voici les grandes lignes :

  • La salle peut accueillir 44 étudiants (11 tables de 4 étudiants); il y a un ordinateur tout-en-un par table.
  • Le formateur a accès à un ordinateur équipé de 2 écrans reliés à 1 projecteur « normal » et 1 projecteur interactif.
  • Les étudiants peuvent emprunter des portables au comptoir du prêt de la bibliothèque s’ils désirent travailler avec plus d’un ordinateur.
  • Netop, gestionnaire de classe, a été installé sur les postes tout-en-un. Cela permet, entre autres, de montrer, via les projecteurs, ce qui se trouve sur l’ordinateur d’une ou deux équipes; de cette façon, les étudiants peuvent présenter à tous leur travail et il est aussi possible de faire des comparatifs dans leur démarche.

Pour plus de détails concernant l’équipement de la salle, consultez Salle à la bibliothèque du campus de Charlesbourg.

Pédagogie

Ce type de classe est souvent utilisé pour l’apprentissage par problèmes (APP) ou par projets. « L’APP est une situation d’apprentissage organisée autour de la recherche, de l’explication et de la résolution de problèmes signifiants (Hmelo-Silver, 2004). Cependant, le problème est défini de manière qu’il n’y ait pas qu’une seule solution (Hmelo-Silver, 2004; MacKinnon, 1999). Les étudiants travaillent en petits groupes pour désigner les connaissances à acquérir de façon à résoudre le problème » (Apprentissage par problèmes, s.d., para. 3). Avec cette approche, on ne tente plus de faire emmagasiner le plus d’information aux étudiants; on cherche à les rendre autonomes dans leur apprentissage. Cela semble trop beau pour être vrai. Effectivement, c’est assez difficile à appliquer dans le contexte des formations d’une heure à la bibliothèque. Pour résoudre un problème en APP, les étudiants prendront habituellement plusieurs séances de cours. On peut donc difficilement reprendre intégralement cette approche. Les éléments importants que j’en ai retenus pour les formations de la bibliothèque sont :

  • Il y a résolution d’un problème ou du moins, un exercice plus complexe, qui présente un défi pour les étudiants.
  • Il n’y a pas forcément de solution parfaite à ce problème, comme c’est le cas en recherche d’informations; on accompagne l’étudiant dans son cheminement et dans sa démarche.
  • L’étudiant est actif; on réduit le temps de présentation au minimum.
  • Le formateur a un rôle d’accompagnateur; on donne des pistes pour que l’étudiant progresse en fonction d’où il est rendu dans sa démarche.

Comme la salle a été achevée tardivement à la session d’automne 2012, je n’ai fait que quelques essais. Beaucoup de travail d’adaptation est à faire étant donné que notre programme de formations documentaires est composé de 8 formations différentes. Entre temps, rien n’empêche de donner les formations sur l’ancien modèle; il est tout aussi possible de le faire avec la salle et même de bonifier le tout rapidement comme le montre l’exemple qui suit.

L’utilisation de 2 écrans de projection lors de la formation sur la recherche Web

Avant : je faisais beaucoup de démonstration.

Maintenant : pour alléger la partie de démonstration, je demande 2 volontaires. Avec Netop, je lie l’ordinateur de chaque étudiant volontaire à l’un des écrans au-devant de la salle. Les manipulations et les recherches dans les interfaces sont faites par les 2 étudiants; il est possible de changer d’étudiants en cours de formation et de continuer avec 2 autres étudiants. Mon rôle consiste à donner des indications sur les recherches à faire. Par exemple, dans Google, pour présenter l’importance d’utiliser les bons termes de recherche, je demande à un étudiant de rechercher : « épluche patate » et à l’autre : « économe ». Dans les résultats de recherche d’« épluche patate » apparaissent des liens moins pertinents, dont un vers le « Willi Waller » des Têtes à claques.  À partir des résultats présents sur les 2 écrans ainsi que les termes de recherche utilisés, j’invite les étudiants à déterminer comment Google fonctionne, ce qu’il prend en compte dans les termes de recherche, etc. Comme il s’agit des écrans d’étudiants qui sont projetés à l’avant, la participation des étudiants est meilleure et les étudiants cherchent réellement à expliquer ce qui se passe dans Google.

Potentiel de la salle pour favoriser la discussion et le travail d’équipe. L’exemple de la formation sur l’évaluation des sources.

Avant : les étudiants devaient évaluer 2 sites Web à partir d’une grille que je leur donnais et ils répondaient à des questions les aidant à déterminer quel site était le plus fiable.

Maintenant : ce qui suit a été essayé avec un groupe qui avait déjà suivi une formation sur l’utilisation des bases de données.

Dans un premier temps, les étudiants devaient trouver en équipe des documents (livres, sites Web, etc.) pour le travail à remettre en classe. Par la suite, ils devaient déterminer, à partir des documents trouvés, les éléments qui faisaient en sorte que ceux-ci étaient valides et crédibles. Ensuite, j’ai fait une mise en commun des éléments trouvés par les différentes équipes; cette discussion a permis de déterminer la majeure partie des éléments importants à valider. À partir de ces éléments, les étudiants devaient évaluer si les documents trouvés à la première partie étaient toujours pertinents pour accomplir le travail du cours. S’ils jugeaient que la qualité de certains documents était douteuse, ils devaient recommencer leur recherche.

Mes observations sur cette démarche :

–          Les étudiants m’ont surpris et ont été capables de trouver rapidement la grande majorité des critères importants à valider.

–          La dynamique des équipes et les échanges entre les étudiants étaient souvent intéressants. De courtes interventions sont nécessaires dans certaines équipes, mais souvent les membres de l’équipe sont capables de répondre à leurs interrogations entre eux.

–          Les tables conçues pour le travail d’équipe (ovales dans notre cas) améliorent la capacité du groupe à échanger. Les membres des équipes se font face, leur attention est dirigée vers ce qui est devant eux et non plus vers le reste de la salle ou le devant de la salle comme dans une salle traditionnelle.

–          La circulation entre les tables étant aisée, les interventions auprès des équipes se font rapidement, ce qui évite les temps morts pour les étudiants.

–          Avoir la possibilité de montrer rapidement à l’ensemble des équipes un exemple provenant de l’ordinateur d’une équipe précise facilite le déroulement des échanges.

–          L’intérêt des étudiants était plus grand puisqu’ils discutaient des ouvrages qu’ils utiliseraient pour leur travail.

–          Comme les étudiants travaillent à partir de nombreux ouvrages, les questions des étudiants sont plus variées; c’est plus stimulant et ressemble moins à un exercice de routine comme auparavant.

–          Cela demande plus de préparation avec l’enseignant, il faut s’assurer que ce qu’il demande est assez difficile. Par exemple, un enseignant désirait donner aux étudiants les auteurs reconnus en histoire du Québec pour aider les étudiants à trouver des documents pertinents;  cela rendait l’exercice trop facile. Nous avons fait l’exercice tel que mentionné plus haut. Lors de la période de mise en commun, lorsqu’il a été question des auteurs, l’enseignant a simplement demandé quels étaient les auteurs des différents documents que les étudiants avaient trouvés. Les mêmes noms revenaient d’une table à l’autre et les étudiants ont pu comprendre qui étaient les auteurs spécialisés dans ce domaine sans qu’on leur donne la liste au préalable.

Et la prochaine étape? Une piste de réflexion pour la formation sur l’utilisation des bases de données

Avec l’aide de Caroline Gauvin, conseillère pédagogique au cégep, je suis à revoir la formation qui touche à l’utilisation des bases de données. Notre objectif est que l’étudiant apprenne le fonctionnement général d’une base de données et qu’il soit capable de transférer ses apprentissages sur une autre base de données.

Les étudiants, en équipe de 4, auront à explorer une base de données et ensuite, les équipes présenteront aux autres équipes la base de données qu’ils ont explorée. Des comparatifs entre les éléments trouvés entre les équipes pourront être faits via les 2 écrans à l’avant de la salle. De cette façon, les éléments communs des bases de données pourront être vus ainsi que certaines différences.

Conclusion

Je ne crois pas qu’il y ait une seule méthode qui s’adapte à tous les contextes. Des présentations seront probablement encore nécessaires dans certains cas. Il y a plusieurs contextes avec plusieurs solutions possibles. Ce que m’apporte la salle, c’est la capacité à m’adapter facilement avec différentes approches possibles, aux différents besoins des groupes tout en me permettant de repenser mes façons de faire, de voir autrement et de sortir de ma zone de confort.

Bibliographie

Apprentissage par problèmes. (s.d.). Repéré à http://www.cefes.umontreal.ca/pafeu/parcours_formation/enseigner/apprentissages_problemes.html

Cantin, R. (2011). Enseigner dans une classe d’apprentissage actif. Repéré à http://www.profweb.qc.ca/fr/actualites/chroniques/enseigner-dans-une-classe-dapprentissage-actif/

Parent, S. (2011). Classe d’apprentissage actif Espace TIC. Repéré à http://tic.climoilou.qc.ca/blogue/?p=914

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À propos de Marc Julien

Spécialiste en moyens et techniques d'enseignement au Cégep Limoilou

5 Réponses vers “Une salle de formation documentaire inspirée de la classe d’apprentissage actif”

  1. C’est vraiment très motivant ton billet! À défaut d’avoir une « super salle de formation » pour me faire sortir de ma zone de confort, je vais m’inspirer de ton témoignage et de ton dynamisme :-
    )

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