Bulletin de veille: la formation aux compétences informationnelles

Ce bulletin de veille porte sur la formation aux compétences informationnelles et recense des articles provenant des bases de données Library and Information Science Source (LISS) et Taylor and Francis. La sélection s’est effectuée parmi 331 articles recensés entre la période suivante, soit de novembre 2014 à mars 2015 et traite des trois thèmes suivants : la formation à distance, la pédagogie et les technologies.

Accès à distance

Chew et al. (2014) abordent l’évaluation et la rétroaction en ligne chez les étudiants internationaux. Dans leur étude, les auteurs démontrent que l’utilisation d’outil d’évaluation et de rétroaction entre les pairs, tel que PeerMark (Turnitin2), permet aux étudiants internationaux d’améliorer considérablement leur expérience d’apprentissage.
Différentes théories sur l’apprentissage des adultes (ou andragogie) appliquées à l’enseignement en ligne ou à distance nous sont présentées par Halpern et Tucker (2015). Casey et al. (2014), pour leur part, ont exploré le scénario (comme dans les films!) comme outil stratégique afin de planifier et organiser à long terme le développement du service des formations à distance d’une bibliothèque dans un contexte universitaire.

Pédagogie

Approches, méthodes et outils

Seeber (2015) nous propose de nouvelles pratiques concernant l’enseignement et l’évaluation des compétences informationnelles dans un contexte où les bibliothécaires doivent composer avec l’avancement technologique omniprésent dans le domaine de la recherche. L’auteur propose plusieurs pistes et s’inspire du concept « Format as a process », tiré du nouveau cadre de travail proposé par l’ACRL.

L’approche multimodale proposée par Jackson (2014) tente de cerner quelles sont les modes d’enseignement préférés ou les plus appréciés par les étudiants lors des formations documentaires. Cette approche implique que certains étudiants apprennent plus facilement lorsque l’information est diffusée de façon auditive et pour d’autres diffusée de façon visuelle ou de façon mixte par exemple. Les résultats de cette étude démontrent que les étudiants apprécient avoir le choix du mode de formation qui convient le mieux à leur type d’apprentissage (soit axé sur une méthode plus visuelle, soit axé sur une méthode plus auditive ou autre). Il a été également observé que les modes d’apprentissage privilégiés peuvent varier selon le groupe d’âge et selon la provenance de la clientèle. Pour les auteurs de cette étude, l’expérimentation a également ouvert sur des pistes de réflexion quant à la façon de rejoindre le mieux possible les étudiants lors des formations documentaires.

Stanny et al. (2014) se sont penchés sur l’utilisation du syllabus comme outil permettant d’améliorer l’enseignement et l’apprentissage dans le milieu universitaire. Les auteurs préconisent le fait que le plan de cours est une riche source d’information quant au contenu du cours, des méthodes pédagogiques employées, des projets demandés aux étudiants, etc. À partir de l’analyse de ces données, le service de la bibliothèque, par exemple, pourrait être en mesure de cibler des services, ressources et formations adaptées aux besoins des cours offerts dans les départements.

Le contenu bibliographique de thèses de doctorat a fait l’objet de deux études. Sharmini et al. (2014) se sont intéressés aux critères d’évaluation sur lesquels les membres du jury se basent lorsqu’ils ont à évaluer le contenu et la pertinence des références bibliographiques des thèses qui leurs sont soumises. Il ressort de l’analyse que plusieurs évaluateurs ont leurs propres critères d’évaluation: articles publiés dans des revues à fort impact dans le domaine de recherche, auteurs phares de leur discipline… De l’analyse, il en est également sorti que plusieurs évaluateurs apprécieraient être davantage guidés dans cette étape d’évaluation. Quant à Kohn et al. (2014), ils ont analysé les références bibliographiques des publications (professeurs et étudiants) de trois départements dans le but d’améliorer leur collection ainsi que leurs formations aux compétences informationnelles. Il a été soulevé que plusieurs étudiants ne citaient pas les auteurs clefs et les revues phares de leur domaine. Ces résultats ont servi à ouvrir un échange avec les différentes facultés concernées afin que les bibliothécaires puissent mieux outiller les étudiants dans leurs recherches.

Rubick (2015) expérimente l’utilisation de la méthode BEAM, conçue par Bizup (2008) lors de formations documentaires auprès d’une clientèle universitaire en littérature. Par méthode BEAM, Bizup (2008) entend ceci :

Background for materials a writer relies on for general information or for factual evidence;
Exhibit for materials a writer analyzes or interprets;
Argument for materials whose claims a writer engages;and
Method for materials from which a writer takes a governing concept or derives a manner of working.

Ce modèle, selon Rubick, consiste à analyser et traiter les sources d’une façon plus rhétorique que la méthode de nomenclature dite standard, soit « source primaire/secondaire/tertiaire ». Le BEAM serait selon elle une alternative plus intéressante à utiliser et à proposer aux étudiants lors de l’étape de l’analyse et du traitement de leurs sources. De plus, cette méthode peut être facilement transposable lors de formations documentaires offertes dans différentes disciplines autres que la littérature.

Arts et compétences informationnelles

Johns (2014) propose d’agrémenter et de rendre plus vivant et interactif les formations documentaires par l’utilisation des multimédias et du graphisme. Selon l’auteure, l’emploi varié de médias visuels encouragerait, d’une part, les étudiants à s’impliquer dans le processus d’apprentissage et d’autre part stimulerait leur intérêt ainsi que le développement des compétences informationnelles. Afin d’illustrer ses propos, plusieurs exemples concrets et ludiques sont présentés dans le texte.

Bibliothécaires, à vos crayons!!! Toujours dans le volet visuel, Brier et Lebbin (2015) nous proposent d’explorer le dessin comme méthode d’enseignement à la recherche documentaire. Par exemple, demander aux étudiants de dessiner leur méthode de recherche permettrait d’évaluer et d’observer leurs compétences (ou ignorance!) informationnelles. Les auteurs proposent également plusieurs exercices impliquant le dessin afin de couvrir les différentes étapes d’une recherche documentaire : l’élaboration des concepts, les différentes étapes d’une recherche et la représentation du plagiat pour ne nommer que ceux-ci. De plus, les auteurs présentent également quelques esquisses afin d’appuyer leurs propos : inspirant!

De son côté, Schoen (2015) propose plusieurs stratégies qui peuvent être utilisées lors des formations documentaires afin d’améliorer les compétences informationnelles des étudiants concernant la recherche d’images et de médias visuels.
Pour les plus « dramatiques », Furey (2014) propose aux bibliothécaires plusieurs méthodes qui sont utilisées dans le milieu théâtral afin de rendre plus vivante et animée la prestation de formations documentaires auprès de la clientèle étudiante.

Technologies

Pour le volet applications et outils technologiques, Youngkins (2014) nous propose une douzaine d’applications qui selon lui facilitent et améliorent l’apprentissage lors des séances de formations en bibliothèque. Dennen et Hao (2014) pour leur part proposent l’outil suivant, le M-COPE. Ce guide de travail aide le professeur à concevoir des activités d’apprentissage que les étudiants universitaires auront à réaliser en classe grâce à leur téléphone mobile. L’auteur partage également le succès obtenu en classe auprès des étudiants lors qu’ils devaient utiliser leur messagerie texte (MSM) afin de réaliser l’activité d’apprentissage. Dunn et al. (2014) nous présente le site StatsCast qui propose de courts vidéos et captures d’écran permettant aux étudiants de mieux saisir les notions et concepts entourant les statistiques.

Jones et Sheridan (2014) présentent une nouvelle stratégie de plagiat utilisée par les étudiants, soit la « back translation », technique de plagiat de plus en plus utilisée dans l’ère numérique par ces derniers. Cette méthode consiste à traduire un document qui a été traduit en langue étrangère pour revenir à la langue d’origine. Les auteurs nous proposent ensuite quelques outils qui permettent de détecter ce type de plagiat. Ils concluent avec une proposition de trois approches afin d’aborder en classe le plagiat dans un contexte universitaire.

En ce qui a trait aux médias sociaux, Witte (2014) et Palmer (2014) s’intéressent aux types d’échanges sur les médias sociaux, tels que Facebook et Twitter, entre les bibliothécaires et les étudiants universitaires. Les auteurs ont analysé les publications et échanges de plusieurs bibliothèques académiques et nous livrent leurs observations. Pour sa part, Knight et Kaye (2014) nous gazouillent leurs résultats concernant les différences observées entre l’utilisation de Twitter par les étudiants universitaires, considérés comme receveur d’information, et celle, plus participative, des professeurs universitaires. Le corps professoral universitaire aurait plus tendance à utiliser Twitter dans un but d’échange avec sa communauté que d’utiliser cet outil à des fins pédagogiques avec sa clientèle étudiante.

Liste des références

ACRL Information Literacy Competency Standards for Higher Education Task Force. (2014). Framework for information literacy in higher education, draft 2. Repéré le 6 mars 2015, à http://acrl.ala.org/ilstandards/wp-content/uploads/2014/02/Framework-for-IL-for-HE-Draft-2.pdf

Bizup, J. (2008). BEAM: A Rhetorical Vocabulary for Teaching Research-Based Writing. Rhetoric Review, 27(1), 72-86. doi: http://dx.doi.org/10.1080/07350190701738858

Brier, D. J., & Lebbin, V. K. (2015). Learning information literacy through drawing. Reference Services Review, 43(1), 45-67. doi: http://dx.doi.org/10.1108/RSR-08-2014-0030

Casey, A. M., Cawthorne, J. E., & Citro, K. (2014). Gazing into the Crystal Ball: Using Scenarios for Future Visioning of a Distance Learning Library Service. Journal of Library & Information Services In Distance Learning, 8(3-4), 181-203. doi: http://dx.doi.org/10.1080/1533290X.2014.945834

Chew, E., Snee, H., & Price, T. (2014). Enhancing international postgraduates’ learning experience with online peer assessment and feedback innovation. Innovations in Education and Teaching International, 1-13. doi: http://dx.doi.org/10.1080/14703297.2014.937729

Dennen, V. P., & Hao, S. (2014). Intentionally mobile pedagogy: the M-COPE framework for mobile learning in higher education. Technology, Pedagogy and Education, 23(3), 397-419. doi: http://dx.doi.org/10.1080/1475939X.2014.943278

Dunn, P. K., McDonald, C., & Loch, B. (2014). StatsCasts: screencasts for complementing lectures in statistics classes. International Journal of Mathematical Education in Science and Technology, 1-12. doi: http://dx.doi.org/10.1080/0020739X.2014.990530

Furay, J. (2014). Stages of instruction: theatre, pedagogy and information literacy. Reference Services Review, 42(2), 209-228. doi: http://dx.doi.org/10.1108/RSR-09-2013-0047

Halpern, R., & Tucker, C. (2015). Leveraging adult learning theory with online tutorials. Reference Services Review, 43(1), 112-124. doi: http://dx.doi.org/doi:10.1108/RSR-10-2014-0042

Jackson, S. A. (2014). Student reflections on multimodal course content delivery. Reference Services Review, 42(3), 467-483. doi: http://dx.doi.org/doi:10.1108/RSR-05-2014-0011

Johns, E. M. (2014). Creating a Colorful Classroom: Incorporating Multimedia and Graphics into Library Instruction. Internet Reference Services Quarterly, 19(3-4), 255-269. doi: http://dx.doi.org/10.1080/10875301.2014.984821

Jones, M., & Sheridan, L. (2014). Back translation: an emerging sophisticated cyber strategy to subvert advances in ‘digital age’ plagiarism detection and prevention. Assessment & Evaluation in Higher Education, 1-13. doi: http://dx.doi.org/10.1080/02602938.2014.950553

Knight, C. G., & Kaye, L. K. (2014). ‘To tweet or not to tweet?’ A comparison of academics’ and students’ usage of Twitter in academic contexts. Innovations in Education and Teaching International, 1-11. doi: http://dx.doi.org/10.1080/14703297.2014.928229

Kohn, K. C., & Gordon, L. (2014). Citation Analysis as a Tool for Collection Development and Instruction. Collection Management, 39(4), 275-296. doi: http://dx.doi.org/10.1080/01462679.2014.935904

Palmer, S. (2014). Characterizing University Library Use of Social Media: A Case Study of Twitter and Facebook from Australia. The Journal of Academic Librarianship, 40(6), 611-619. doi: http://dx.doi.org/10.1016/j.acalib.2014.08.007

Rubick, K. (2015). Flashlight: using Bizup’s BEAM to illuminate the rhetoric of research. Reference Services Review, 43(1), 98-111. doi: http://dx.doi.org/doi:10.1108/RSR-10-2014-0047

Schoen, M. J. (2015). Teaching Visual Literacy Skills in a One-Shot Session. Visual Resources Association Bulletin, 41(1), 1-12.

Seeber, K. P. (2015). Teaching “format as a process” in an era of Web-scale discovery. Reference Services Review, 43(1), 19-30. doi: http://dx.doi.org/doi:10.1108/RSR-07-2014-0023

Sharmini, S., Spronken-Smith, R., Golding, C., & Harland, T. (2014). Assessing the doctoral thesis when it includes published work. Assessment & Evaluation in Higher Education, 1-14. doi: http://dx.doi.org/10.1080/02602938.2014.888535

Stanny, C., Gonzalez, M., & McGowan, B. (2014). Assessing the culture of teaching and learning through a syllabus review. Assessment & Evaluation in Higher Education, 1-16. doi: http://dx.doi.org/10.1080/02602938.2014.956684

StatsCasts. (2012). About StatsCasts. Repéré le 4 mars 2015, à http://statscasts.org/

Witte, G. G. (2014). Content Generation and Social Network Interaction within Academic Library Facebook Pages. Journal of Electronic Resources Librarianship, 26(2), 89-100. doi: http://dx.doi.org/10.1080/1941126X.2014.910356

Youngkin, C. A. (2014). Web-Based Technologies for Health Sciences Reference and Instruction. Medical Reference Services Quarterly, 33(3), 283-291. doi: http://dx.doi.org/10.1080/02763869.2014.925673

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  1. Recherches sur le contenu bibliographique des t... - 17 mars 2015

    […] "Le contenu bibliographique de thèses de doctorat a fait l’objet de deux études. Sharmini et al. (2014) se sont intéressés aux critères d’évaluation sur lesquels les membres du jury se basent lorsqu’ils ont à évaluer le contenu et la pertinence des références bibliographiques des thèses qui leurs sont soumises. Il ressort de l’analyse que plusieurs évaluateurs ont leurs propres critères d’évaluation: articles publiés dans des revues à fort impact dans le domaine de recherche, auteurs phares de leur discipline… De l’analyse, il en est également sorti que plusieurs évaluateurs apprécieraient être davantage guidés dans cette étape d’évaluation. Quant à Kohn et al. (2014), ils ont analysé les références bibliographiques des publications (professeurs et étudiants) de trois départements dans le but d’améliorer leur collection ainsi que leurs formations aux compétences informationnelles. Il a été soulevé que plusieurs étudiants ne citaient pas les auteurs clefs et les revues phares de leur domaine. Ces résultats ont servi à ouvrir un échange avec les différentes facultés concernées afin que les bibliothécaires puissent mieux outiller les étudiants dans leurs recherches."  […]

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