Reconnaître et discuter du Référentiel de compétences informationnelles en enseignement supérieur de l’ACRL

L’Association of College & Research Libraries (ACRL) a publié en 2015 de nouvelles orientations en matière de développement des compétences informationnelles (CI) dans son document Framework for Information Literacy for Higher EducationCes orientations remplacent les Information Literacy Competency Standards for Higher Education ( Norme sur les compétences informationelles dans l’enseignement supérieur) qui étaient, pour plusieurs universités, la référence pour soutenir le développement des CI des étudiants. Sur son site Web, l’ACRL note que les documents présentant les anciennes normes seront retirés au mois de juillet 2017 afin de favoriser l’appropriation du nouveau référentiel.

De ce fait, le Groupe de travail de la Promotion du développement des compétences informationnelles (GT-PDCI) du réseau de l’Université du Québec, en collaboration avec des bibliothécaires provenant d’autres établissements universitaires québécois, s’est penché sur le référentiel proposé par l’ACRL afin de se positionner sur son intégration dans les formations documentaires et sur son déploiement auprès des différents acteurs concernés par le développement des CI. Trois activités ont découlé de ce groupe de travail : la traduction du Framework for Information Literacy for Higher Education de l’ACRL, le positionnement du référentiel de l’ACRL en lien avec d’autres référentiels de CI ainsi qu’une veille informationnelle sur le nouveau référentiel de l’ACRL.

Traduction du Framework for Information Literacy for Higher Education de l’ACRL

Les travaux de traduction du Framework for Information Literacy for Higher Education de l’ACRL ont été effectués durant l’année 2016.  La version francophone se nomme Référentiel de compétences informationnelles en enseignement supérieur.  Le document est placé sur le site Web de la PDCI  et sur le site Web de l’ACRL.  La version francophone facilite l’appropriation des nouvelles orientations de l’ACRL qui permettent, par les six fondements exposés,  de s’inscrire dans une réelle démarche de développement de compétences. Les annexes, s’adressant aux différents acteurs concernés par le développement des CI, peuvent soutenir le dialogue afin de favoriser le développement d’une vision commune du développement des CI.

Le groupe responsable de la traduction est bien fier du résultat puisque beaucoup de temps et d’énergie y ont été consacrés.

Voici les différentes étapes de réalisation :

Printemps 2016
  • Rédaction de critères de sélection pour le choix du traducteur.
  • Appel de soumissions pour la traduction.
  • Sélection du traducteur et suivi des travaux de traduction.
Été-automne 2016
  • Révision de la traduction par le groupe.
  • Révision de la traduction par un consultant externe.
  • Mise en page et graphisme.
Hiver 2017
  • Approbation par l’ACRL.
  • Diffusion et promotion de la traduction.

Positionner le référentiel de l’ACRL par rapport aux autres normes ou référentiels connus

Même si les Information Literacy Competency Standards for Higher Education ont été grandement adoptées par les universités québécoises au début des années 2000 et que le nouveau référentiel de l’ACRL bénéficiait d’un préjugé favorable, il incombait au groupe de travail de le contextualiser auprès des référentiels existants. Le projet de positionnement du nouveau référentiel de l’ACRL par rapport aux autres référentiels sur les CI présentait trois objectifs :

  • Explorer les différents référentiels de développement des CI afin d’identifier les forces et faiblesses du référentiel proposé par l’ACRL.
  • Trouver des exemples d’application permettant de mieux comprendre le référentiel proposé par l’ACRL.
  • Proposer, s’il y a lieu, des modifications au référentiel de l’ACRL afin de mieux l’adapter au contexte québécois.

C’est donc 18 référentiels de compétences informationnelles qui ont été identifiés, catégorisés et analysés. Nous avons eu l’occasion d’observer qu’une grande partie d’entre eux se réclamaient des standards de l’ACRL de 2000, que ce soit en partie ou en totalité. Cela souligne l’importante influence de l’ACRL dans l’enseignement universitaire des compétences informationnelles. Nous avons également pu remarquer les spécificités de chacun, que ce soit sur le plan du contenu ou des orientations pédagogiques, classés en 5 principales catégories :

  1. Référentiels qui se basent sur l’aspect humain de la recherche: Modèles qui s’intéressent d’abord et avant tout à la psychologie du chercheur.
  2. Référentiels autonomes: Référentiels génériques qui proposent leur propre vision de l’enseignement des compétences informationnelles (Big6, Sconul, etc.).
  3. Référentiels inspirés du premier référentiel de l’ACRL (2000) : Modèles qui présentent une structure similaire au premier référentiel de l’ACRL ou qui s’en réclament directement.
  4. Référentiels orientés technologie: Référentiels qui mettent en priorité la technologie et son rôle dans le développement des compétences informationnelles (ex. : Profil TIC).
  5. Référentiels de compétences plus larges: Référentiels qui ne se limitent pas qu’aux compétences informationnelles (ex. : référentiel de l’ADESAQ).

À la suite de nos analyses, nous recommandons l’utilisation du nouveau référentiel de l’ACRL puisqu’il s’inscrit dans une réelle démarche de développement des compétences, qu’il tient compte des possibilités qu’offre les technologies (ex : communautés d’apprentissage virtuel) et qu’il favorise l’intégration du développement des CI aux programmes d’études en collaboration avec le corps professoral. Nous ne considérons pas qu’il soit nécessaire d’apporter une mouture améliorée, puisqu’il demeure une référence et non pas une politique institutionnalisée qui sera appliquée uniformément. Chaque bibliothécaire ou établissement possède la liberté de choisir son référentiel par excellence. Ceci étant dit, comme nous avons noté que le nouveau référentiel a été critiqué à l’effet qu’il pouvait être trop abstrait, nous recommandons de développer des outils d’accompagnement pour faciliter l’appropriation de celui-ci auprès des établissements universitaires et des acteurs concernés.  Nous recommandons aussi de concevoir des activités d’apprentissage en lien avec les six fondements énoncés dans le référentiel afin de soutenir les responsables du développement des CI.

Veille informationnelle

Plusieurs perspectives sont présentes dans les discussions qui touchent le nouveau référentiel de l’ACRL. Le groupe de veille informationnelle a tenté capturé une tranche de ces discussions par le biais d’une revue de littérature sur l’appropriation du nouveau référentiel.

Un groupe Zotero a été créé afin de faciliter le partage des articles documentant différentes expériences et initiatives en lien avec l’intégration du nouveau référentiel. Une attention particulière a été accordée aux textes proposant des exercices et des applications concrètes. Des articles, billets de blogue, et autres ressources continueront à être ajoutés au groupe Zotero, qui est aussi accessible au public.

En juin 2016, l’annonce du lancement d’un portail web pour faciliter l’appropriation du cadre a permis de repositionner les activités de veille du groupe, car une bibliographie était intégrée à cet outil. Le lancement du Sandbox de l’ACRL produit par le ACRL Framework for Information Literacy Advisory Board (FAB) a eu lieu en décembre 2016 et est complémentaire au travail effectué par le groupe de veille. Le portail est accessible à tous et la section Resources est particulièrement pertinente.

Pour participer aux conversations en temps réel, recherchez le mot-clé #acrlframework sur Twitter pour découvrir différentes perspectives sur les enjeux qui entourent le référentiel.

Conclusion

Les travaux effectués dans le cadre de ce projet ont permis aux participants de réfléchir, de partager, de construire et de collaborer autour du  Référentiel de l’ACRL.  Le lectorat de Tribune CI est invité à participer à la discussion en partageant ses réflexions, ses expériences et ses outils en lien avec le Référentiel de compétences informationnelles en enseignement supérieur de l’ACRL.

Membres du groupe de travail

  • Adèle Flannery, bibliothécaire (UQAM)
  • Jean-Philippe Pouliot, bibliothécaire (UQAC)
  • Janie Gauthier-Boudreau, bibliothécaire (UQAC)
  • Sylvie Gervais, bibliothécaire (UQO)
  • Marie-Renée DeSève Lebœuf, bibliothécaire (ÉTS)
  • Martin Poirier, directeur, Bibliothèque Roger-Maltais et Bibliothèque de musique (Université de Sherbrooke)
  • Claire Lecompte, bibliothécaire (Université de Sherbrooke)
  • Andréane Sicotte, bibliothécaire (Université Laval)
  • Pascal Martinolli, bibliothécaire (Université de Montréal)
  • Assia Mourid, bibliothécaire (Université de Montréal)
  • Caroline Archambault, bibliothécaire (HEC)
  • Daniel Bromby, bibliothécaire (Bishop’s University)
  • Dominique Papin, analyste en systèmes de documentation (UQ)
  • Eve-Lyne Rondeau, analyste en techniques d’enseignement (UQ)
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À propos de Jean-Philippe Pouliot

Bibliothécaire en arts et lettres à la bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi.

Rétroliens/Pings

  1. Le Référentiel de compétences informationnelles en enseignement supérieur de l’Association of College & Research Libraries (ACRL) - CAPRES - 26 janvier 2017

    […] un billet publié sur le site Tribune des compétences informationnelles, on nous explique que le GT-PDCI a entrepris de se positionner sur l’intégration de ce […]

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