Procession d’étudiants à mon bureau : finito presto!

André Paquet, bibliothécaire à l’Université du Québec à Trois-Rivières et responsable des disciplines suivantes : Arts, Communication sociale, Sciences comptables, Sciences de la gestion.

Titre de blog désolant, pensez-vous! L’auteur de ces lignes ne veut sans doute plus donner de service aux étudiants? Faux. Il n’est sans doute plus enclin à répéter sans cesse la même explication, surtout à chacun des membres d’une équipe? Vrai. D’autant plus vrai lorsque (presque) tous les membres de (presque) toutes les équipes d’un cours viennent me rencontrer à tour de rôle avec, comme questions, celles de ceux qui les ont précédés. Ouf! Le perroquet a le bec usé et la langue en charpie!

Pour mieux comprendre le paragraphe ci-dessus, remontons à l’origine de la procession, laquelle s’est terminée brusquement suite à l’utilisation des salles de travail multimédia de la bibliothèque, salles mises au service des étudiants et, ce qui m’avait échappé jusqu’à tout récemment, au mien également… Pas fort.

Depuis quelques années déjà et ce, suite aux demandes de professeurs, je me présente en classe, généralement en tout début de session, afin de vendre ma salade documentaire aux étudiants des disciplines sous ma responsabilité. Le temps passant et l’expérience aidant, j’ai changé de stratégie à leur égard en insistant non plus sur l’importance, pour eux, de connaître le fonctionnement de tel ou tel système d’information mais plutôt sur celle de connaître celui qui connaît, en l’occurrence bibi, et en insistant sur le fait que, contrairement au personnage de synthèse du film Simone, leur bibliothécaire disciplinaire, en plus d’être le produit de leurs taxes et impôts, n’était pas un hologramme et qu’il existait donc réellement en chair et en os. Prière de bien vouloir toucher, SVP.

La conséquence première de mes interventions a dépassé toutes mes attentes : de no-man’s-land qu’était devenu mon bureau suite, notamment, à l’implantation des technologies de l’information et à leur appropriation (apparente) par les étudiants, ainsi qu’à l’absence de marketing suffisant et ciblé de la part de la Bibliothèque, mon cagibi vitré (magnifique vue sur les couchers de soleil, soit dit en passant. Il n’y manque que la mer, pas l’amer…) s’est à nouveau rempli d’étudiants avides de rencontrer, outre celui-qui-connaît, l’entité carbone capable de les aider et les diriger dans l’apprentissage et l’utilisation des systèmes d’information pertinents et, ultimement et à leur insu, à contribuer au développement de ces fameuses compétences informationnelles dont il est encore question aujourd’hui. Et demain, j’en suis convaincu.

Cependant, je n’avais pas anticipé, du moins pas suffisamment, que je serais la victime de mon succès, à savoir que, sur une période de temps relativement courte, je devais répéter inlassablement les mêmes propos et explications à une multitude d’étudiants qui, plus souvent qu’autrement, provenaient d’une même équipe et qui me rencontraient individuellement, chacun avec un aspect de la question à documenter ! Vision globale de la question : nulle. Crash informationnel à l’horizon. À mort, les détails!

Or, les compétences informationnelles ne pouvant pas, selon moi, être développées et encore moins acquises si la vision globale et collégiale du problème à résoudre est absente, j’ai dû trouver une autre façon de faire, sorte de valse, dont :
• le premier temps consistait à aider les étudiants à acquérir non pas « les » mais « des » compétences informationnelles, l’exhaustivité étant illusoire et somme toute, farfelue;
• le deuxième temps visait à amener ces derniers à développer la conscience informationnelle sans laquelle, à mon avis, la compétence informationnelle n’a aucune valeur et encore moins de sens;
• le troisième temps m’évitait d’interpréter Koko le perroquet (et le clown, parfois!) sur une base régulière.

En août 2011, la lumière m’apparût. Non pas celle de l’aube car j’étais déjà levé lorsque l’idée surgit, mais plutôt celle émanant de l’ampoule qui s’est allumée au-dessus de ma tête, en l’occurrence celle de la salle de bain, vous l’aurez deviné! J’eus ainsi l’idée de répondre non pas à un membre de l’équipe à la fois mais plutôt à toute l’équipe en même temps. Quelle révélation! Je m’auto-congratulai donc avec force poignées de mains. Et asinus asinum fricat devant le miroir.

Pour mener à bien mon projet, je devais utiliser les salles de travail multimédia de la bibliothèque, ce qui fut fait, mais pas avant d’être retourné en classe en septembre 2011 afin de répandre la bonne nouvelle. Le résultat fut extraordinaire et prit de l’ampleur à la session d’hiver 2012, à un point tel que, certaines semaines, j’ai rencontré plusieurs équipes de travail.

Cette nouvelle façon de faire fut bénéfique et profitable pour tous : la présence de tous les membres d’une équipe a favorisé une meilleure compréhension du travail à documenter. Elle a aussi généré une dynamique intellectuelle commune et supérieure dont la manifestation était bien entendu presque impossible sur une base individuelle. Elle a favorisé, chez les participants, l’apparition d’un embryon de conscience informationnelle, leurs propos en fin de rencontre l’indiquant sans équivoque. De plus, de nouveaux étudiants, peu enclins à me rencontrer à l’origine car ils n’en voyaient pas la nécessité, m’ont plusieurs fois demandé de les superviser dans leurs recherches documentaires après avoir été convaincus par d’autres étudiants des bienfaits d’une rencontre avec leur bibliothécaire, bienfaits tant humains que professionnels. Autre gratification : selon les professeurs m’ayant demandé d’intervenir en classe, la qualité des travaux demandés a augmenté sensiblement!

Mission accomplie : je travaille mieux et plus, avec des groupes restreints qui eux aussi travaillent mieux, qui sont plus efficaces, performants et compétents et dont les besoins informationnels sont mieux définis, le tout contribuant à enfin saboter et court-circuiter le nivellement par le bas.

Usage de la plateforme Moodle pour une collaboration transversale d’une équipe de formateurs (forum, cours, base collaborative de questions)

Le contexte :

A l’Université Paris Descartes  nous sommes dans un contexte multi sites : les bibliothèques sont dispersées géographiquement à l’image des dix unités de formations et de recherche (UFR) de l’Université qu’elles desservent et qui couvrent chacune un domaine de la connaissance en sciences de l’homme et de la santé. En tant que coordinatrice des formations aux usagers des bibliothèques universitaires (Service commun de la documentation- SCD) depuis juillet 2006, j’ai un rôle d’animation auprès d’une dizaine de collègues dont certains utilisent la plateforme denseignement Moodle.

Une étude préliminaire réalisée au sein de l’ équipe de formateurs des bibliothèques universitaires a montré  :

  • qu’une minorité des formateurs utilisaient les activités proposées par Moodle (test, feedback, forum, wiki…) lors de leurs cours de recherche documentaire inclus dans le cursus disciplinaire
  • que les questions créées par un formateur n’étaient pas réutilisables dans la mesure où les droits d’accès sont liés à un espace disciplinaire
  • que les supports de cours initiaux réutilisables étaient dispersés (pas de GED disponible au début du projet)

Suite à cette étude, nous avons décidé d’organiser dans Moodle des espaces dédiés à la formation externe et interne et de créer une base de questions collaborative accessible par tous les formateurs dans tous les cours de la plateforme Moodle. Cette base avait pour but de permettre la création de tests de positionnement et d’évaluation pour les étudiants mais aussi des tests dédiés à l’autoformation du personnel des bibliothèques.

Organisation des espaces :

La plateforme Moodle a permis d’organiser ces espaces selon une cartographie précisée dans le schéma ci-dessous :

Espaces formateurs Moodle

Fig. 1 Carte heuristique de l’espace formateur

L’espace “pivot” destiné aux formateurs a permis de regrouper toutes les informations utiles de manière collaborative :

et des espaces satellites pour éviter un espace unique trop dense :

  • Guides et tutoriels
  • Statistiques, rapports et communications externes
  • Images et droits
  • Espace d’entraînement : “bac à sable”

Je présente régulièrement ces espaces à tout nouveau formateur arrivant dans les équipes par un entretien individualisé pour le sensibiliser aux enjeux de sa participation collaborative.

Deux espaces ont été également ouverts à l’ensemble du personnel pour la formation interne et l’autoformation. Cet espace d’autoformation a été volontairement dissocié de l’espace formation interne afin de permettre l’anonymat des résultats des tests.

La base de questions

 L’originalité du projet a été de mettre en place une base de questions collaborative disponible à partir de tous les cours de la plateforme Moodle par l’ensemble des formateurs. Aurélie Coig (une collègue de la  bibliothèque des Saints-Pères Sciences) a été nommée responsable de la gestion de cette base et a organisé des groupes de travail selon un plan de classement réparti en six thématiques :

1          Connaître l’environnement institutionnel

2          Connaître les publics des bibliothèques universitaires et les services au public

3          Connaître le fonctionnement des bibliothèques universitaires

4          Connaître les bibliothèques universitaires de Paris Descartes

5          Savoir mener une recherche documentaire

6          Savoir se tenir informé et s’auto-former

La première phase du projet a consisté dès 2009 à créer un volume de questions significatif pour disposer d’un matériel pédagogique pour la formation des usagers et l’auto-formation du personnel. Actuellement cette base regroupe environ 800 questions dont 50% sont destinées spécifiquement au personnel.

Disposer de cette base a été également un atout vis à vis des enseignants pour proposer un système d’évaluation pour les étudiants de nos enseignements sur les compétences informationnelles, permettant une correction automatique en utilisant l’activité “Test” de Moodle.

Limites actuelles

  • La recherche dans la base de questions :

Nous ne disposons pas encore de la version 2.0 de Moodle (prévision 2013) qui permettrait une meilleure recherche des questions lors de la création de tests ou tout simplement pour un formateur qui doit créer de nouvelles questions .

  • Les statistiques d’utilisation :

Nous ne disposons pas de statistiques d’usage exploitables dans la mesure où un module de statistiques Moodle n’a pas encore été installé par le service des TICE (Technologies de l’information et de la Communication pour l’Enseignement)

  • La création et la mise à jour des questions est chronophage pour les formateurs
  • Quiz anonyme : Moodle ne permet pas l’usage de l’activité “Test” aux personnes extérieures à l’université

Conclusion

L’originalité de cette réalisation a été de combiner matériel pédagogique pour les usagers et le personnel dans des espaces dédiés en utilisant un rôle spécifique créé dans Moodle : mutualisateur de questions. Ce projet a impulsé une réelle dynamique parmi les formateurs pour concevoir des questions lors de la préparation de leurs cours. L’usage de ces espaces permet une familiarisation accrue des possibilités d’activités et permet de proposer une pédagogie dynamique avec les enseignants des différentes disciplines. Cette réalisation a également contribué à poursuivre nos échanges avec les ingénieurs pédagogiques du service TICE et à prouver que nos activités documentaires étaient intimement liées à la pédagogie de l’établissement. Deux ans après le début de ce projet nous souhaitons pour les mois à venir cibler nos actions sur les mises à jour systématiques des questions par les personnes ressources. Les TICE nous ont demandé pour la rentrée 2012-13 la création d’un cours dédié à la certification informatique C2i niveau 1 Domaine D4 : Organiser la recherche d’informations à l’ère du numérique. Ce cours sera destiné aux formateurs (environ 50) recrutés par l’université sur l’ensemble des UFR et coordonné par les TICE. Chaque partie du référentiel sera accompagnée de tests de compétences réalisés à partir de la base de questions.

Françoise Dailland

Conservateur des bibliothèques

Université Paris Descartes

Service des Bibliothèques Universitaires

Responsable du département Formation des usagers et communication

INFOGRAPHIE ET COMPÉTENCES INFORMATIONNELLES

Les services offerts par les bibliothèques gagnent à être connus des étudiants. Entre autres, ils peuvent bénéficier d’un soutien professionnel lorsque vient le temps de réaliser un travail de recherche.

Pour faire découvrir ces services, des membres du GT-PDCI (Groupe de travail du Programme de développement des compétences informationnelles du réseau de l’Université du Québec) mettent à votre disposition une affiche de style « infographie ».

Cette infographie présente, de manière imagée, comment les bibliothécaires peuvent guider, aider et orienter l’étudiant à travers les différentes étapes de son travail de recherche.

Visuellement, nous avons misé sur un look coloré, clair et épuré, afin de créer une image moderne et attrayante.

Une version web de ce document est disponible ci-dessous. Cette version a été optimisée pour que vous puissiez l’insérer dans les forums, courriels, sites web et blogues de votre réseau.

Nous vous invitons à la télécharger, à l’utiliser et à la diffuser.

Cette affiche est aussi très belle placée sur un mur ou sur une porte de bureau. Une version imprimable et que vous pouvez assembler vous-mêmes est disponible ci-dessous. Il vous faudra bricoler un peu pour monter l’affiche finale. À vos ciseaux !

TÉLÉCHARGER L’AFFICHE EN FORMAT 8,5″ / 53″

TÉLÉCHARGER L’AFFICHE EN FORMAT 11″ / 69″

MÉTHODE DE MONTAGE :

 1 . IMPRIMER LES DOCUMENTS CONTENUS DANS LE DOSSIER TÉLÉCHARGÉ

 

 2 . CLASSER

 

 3 . DÉCOUPER LA BORDURE BLANCHE AU BAS DE CHACUNE DES FEUILLES

 

 4 . PLACER

 

 5 . AJUSTER

 

 6 . COLLER

 

 7 . FIGNOLER

 

 8 . AFFICHER

 9 . RELAXER

BON DÉCOUPAGE !

La licence de cette affiche suite les règles Creative Commons 3.0


Mathieu Plasse
est analyste en technologies éducatives à l’Université du Québec.

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